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Le Maroc a une responsabilité considérable dans la construction du nouveau projet méditerranéen (Abouyoub)
Publié le 24/11/2007 à 17:09:00 GMT

Marseille - M. Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant de SM le Roi, a souligné, vendredi à Marseille, que le Maroc a une responsabilité considérable dans la construction du projet de l'Union Méditerranéenne, dont les bases ont été jetées lors du discours fondateur prononcé à Tanger par le président Français, Nicolas Sarkozy.

Le Royaume est le pays méditerranéen "qui a fait les avancées les plus courageuses, les plus visibles et les plus globales dans tous les secteurs de la vie d'une nation et il est en train de démontrer par son modèle qu'il peut inspirer profondément cette nouvelle construction", a-t-il dit à l'ouverture des travaux d'une conférence intitulée "Europe-Méditerranée: Intégration ou distanciation".

Au cours de ce débat organisé par l'Institut Aspen France, M. Abouyoub a indiqué que les défis du développement humain et social et de la réintégration de la femme dans la vie politique et économique, que le Maroc a relevé avec courage et détermination, sont exactement les sujets qu'"il nous appartient de traiter dans ce grand dessein qu'est l'Union Méditerranéenne".

"Nous avons l'ardente obligation de vendre l'idée que la Méditerranée est essentielle à l'Europe, comme l'a dit le président Sarkozy, et de faire passer le message aux pays de la rive Sud de la Méditerranée que l'Europe est un élément incontournable pour la solution des défis à long terme de l'emploi, du développement humain et du développement durable de notre région", a-t-il affirmé.

Concernant la constitution de cette nouvelle structure, M. Abouyoub a signalé que si l'adhésion des pays riverains de la Méditerranée à cette nouvelle organisation est un concept qui se défend très parfaitement, l'inclusion dans cet ensemble de pays européens non méditerranéens peut mener à des priorités d'un genre particulier.

L'exclusion de ces derniers pays "pourrait également faire naître des difficultés importantes", a-t-il estimé, relevant que la création d'une entité en dehors de la règle de subsidiarité, au moment où l'Union Européenne vient d'adopter son mini traité institutionnel, peut provoquer des contradictions majeures au sein de l'Europe.

Il a souligné dans ce sens que les Etats-Unis ont été complètement occultés des débats autour de ce projet malgré leur présence dans la région aux plans financier, politique et sécuritaire.

"Le fait que les acteurs qui agissent sur la Méditerranée et sur son avenir ne soient pas autour de la table peut poser problème aussi, comme ce fut le cas lors du processus de Barcelone", a indiqué M. Abouyoub, soulignant qu'il y a là un choix de priorités qui doit être fait en fonction de l'intérêt des uns et des autres par rapport à la Méditerranée.

Abordant les projets sur lesquels devrait se construire l'Union Méditerranéenne, M. Abouyoub a indiqué que les promoteurs de cette Union ne doivent pas se noyer dans une multitude de choix sectoriels, préconisant de retenir dans un premier temps deux ou trois projets fédérateurs de nature à relancer une coopération fructueuse entre les deux rives de l'espace méditerranéen.

Il a fait remarquer par ailleurs que la présence de la Commission européenne, en tant que membre à part entière de l'Union Méditerranéenne, est un gage de la cohérence entre la construction européenne et le développement du projet méditerranéen.
Toutefois, a-t-il observé, la Commission, qui est l'exécutif d'un ensemble de nations européennes, pas nécessairement d'accord sur le projet de l'Union Méditerranéenne et sur les volets de la grande carte géopolitique méditerranéenne, ne peut résoudre à elle seule l'ensemble des problématiques qui se posent dans la région.

Dans une déclaration à la MAP, M. Abouyoub a relevé que cette réunion a promis, dans son contexte pertinent, réel et stratégique ce que devrait être l'Union Méditerranéenne et que le débat a porté sur ce qu'elle ne devrait pas être, c'est-à-dire ressembler au processus de Barcelone.

"Il y a des problèmes qu'il faut éviter et des écueils qu'il faut prendre en charge", a dit l’ambassadeur itinérant de SM le Roi, ajoutant que s'il y a objectivement des problèmes qui ont fait que l'objectif de prospérité et d'espace de sérénité n'a pas été entièrement atteint, il faut faire en sorte que ses causes soient d'une manière ou d'une autre pris en considération.

Et de conclure que si ces mêmes causes, qui ont fait que le processus de Barcelone s'est enlisé, ne sont pas pris en compte, elles "risquent de créer un nouvel objet méditerranéen non identifié".

Organisée dans le cadre de la 1-ère semaine économique de la Méditerranée (19-24 novembre), cette conférence est initiée par la Ville de Marseille et la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA), en collaboration avec l'Etablissement Public d'Aménagement Euroméditerranée.

Plus d'une vingtaine d'événements majeurs ont permis aux économistes, experts, entrepreneurs, élus et responsables publics locaux et nationaux de différents pays, d'aborder les grandes questions qui conditionnent la consolidation du partenariat méditerranéen et l'intégration économique régionale.

Les enjeux stratégiques pour le développement de l'espace méditerranéen -coopération, emploi, investissement, formation, jeunesse- et son positionnement dans l'économie mondiale ont été explorés durant cette semaine.

Des responsables politiques et institutionnels, représentants d'organisations européennes et internationales, dirigeants de multinationales et de PME, chercheurs, économistes et journalistes issus des deux rives de la Méditerranée ont échangé leurs expériences dans l'objectif de faire émerger des propositions opérationnelles.

Le Maroc a été fortement représenté à cette manifestation par une délégation comprenant notamment, Mmes Assia Bensalah Alaoui et Fathia Bennis, respectivement ambassadeur itinérant de SM le Roi et président directeur général de Maroclear, ainsi que MM. Mohammed El Gallaf, chef du programme arabe à l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et Khalid Oudghiri, ancien président directeur général d'Attijari Wafabank.

Le ministre de l'Industrie, du Commerce et des nouvelles technologies, M. Ahmed Chami, devrait participer samedi aux côtés du vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI), M. Philippe de Fontaine Vive, à une conférence sous le thème "La relation entre l'Europe et sa rive Sud : Quel avenir ? Sous quelles formes?".
Source: MAP
 
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