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La hausse des prix des aliments de bétail peut en entraîner d'autres
Publié le 05/10/2007 à 21:10:00 GMT

Le Maroc est-t-il en train de payer cher l'absence d'une vraie politique agricole ? La sévère sécheresse de 2006-2007 a drastiquement réduit les stocks en semences et en aliments de bétail. La spéculation bat actuellement son plein et les prix sont excessivement chers.

Cette situation insupportable laisse présager que le retour aux prix normaux ne sera possible qu'après l'arrivée de pluies significatives (30 à 60 mm) et l'abondance de la végétation et des fourrages dans les champs.
Estimées à 650 mille qx, les semences certifiées, préparées pour l'actuelle campagne agricole par Sonacos et autres sociétés privées, ont été presque totalement vendues. Les agriculteurs qui n'ont pas eu la chance de s'en approvisionner ont recours aux semences communes commercialisées chez les marchands de semences.
Actuellement, le prix des semences communes (non certifiées) d'orge dépasse les 300 DH le quintal et celui d'avoine dépasse les 450 DH. Les semences de vesce et de pois fourrager sont introuvables.
L'offre est en deçà de la demande, car de nombreux agriculteurs n'ont rien récolté l'été dernier. Avec la rareté et le renchérissement des semences, il est certain qu'une partie des superficies ne sera pas plantée.
En période d'insuffisance ou de pénurie, le Maroc a l'habitude d'importer à l'avance de petites quantités de semences certifiées de certaines variétés d'orge quand les prix sont abordables. Mais, avec la flambée des prix des céréales au niveau mondial et avec l'ouverture en ce mois d'octobre de la période du semis dans notre pays, il n'est pas possible d'importer dans les prochains jours les semences pour le semis. Surtout que les semences certifiées adaptées aux conditions marocaines n'existent que dans les pays voisins, en l'occurrence l'Espagne, l'Algérie et la Tunisie.

Inquiétude des éleveurs
Les éleveurs qui possèdent des vaches laitières ou des taurillons pour l'engraissement trouvent du mal cet automne à acheter les aliments du bétail. Car il faut bien nourrir les bêtes pour qu'elles donnent suffisamment de lait et de viande. Mais la hausse des prix n'encourage pas les éleveurs à bien alimenter le bétail. En tout cas, les éleveurs se débrouillent pour nourrir et entretenir les animaux en attendant l'arrivée des premières pluies significatives (c'est-à-dire entre 30 et 60 mm de pluie) qui déclenchent la germination, la levée et la croissance de la végétation et des fourrages. En ce mois d'octobre, les éleveurs sont affolés par les prix des aliments du bétail. A titre d'exemple, les prix de vente de presque tous les ingrédients dépassent les 2 DH le kg : orge locale (2,50 à 3,00 DH), orge importée (2,20 à 2,70 DH), maïs (2,40 à 2,50 DH), avoine (4,00 à 4,50 DH), féverole (4,50 à 5,00 DH), soja (2,30 à 3,70 DH), luzerne (2,20 à 2,60 DH), son (2,40 à 2,60 DH), tourteaux (2,50 à 2,70 DH) et pulpe sèche de betterave (3,00 à 3,10 DH). Le maïs ensilé coûte actuellement presque 1 DH le kg, et la caroube se vend à environ 1,50 DH le kg.
Il faut noter que certains grossistes et intermédiaires exercent le monopole sur certains aliments de bétail sans que l'état intervienne pour réguler le marché et contrôler le prix et la qualité des marchandises mises en vente. La lutte contre ce phénomène passe par le stockage au niveau des coopératives agricoles surtout en cas de forte production.
Les CAM (Coopératives agricoles marocaines) ont les silos et les infrastructures nécessaires, mais leur rôle dans le stockage et la régulation du marché a été marginalisé depuis 2006 à tel point que les stocks y sont aujourd'hui presque nuls. Le prochain gouvernement doit redonner plus de vitalité, de crédibilité et de moyens aux CAM. Normalement, toutes les dispositions appropriées visant la sécurité alimentaire nationale en produits alimentaires, aussi bien pour les citoyens que pour le cheptel, doivent être mises en ¦uvre afin d'éviter les pénuries et de pallier aux sécheresses éventuelles futures.

Source: AL BAYANE
 
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