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Driss Benhima : Une perte due essentiellement à des «factures tardives»
Publié le 07/11/2007 à 23:07:00 GMT

La séparation annoncée entre Royal Air Maroc (RAM) et Air Sénégal International (ASI) continue de susciter des polémiques. Pour M. Driss Benhima, président directeur général de la Royal Air Maroc, la pomme de discorde réside, en premier plan, dans des méfiances et soupçons du gouvernement sénégalais, qui cachent, en background, des ambitions politiques insatisfaites. Pour lui, la vision de l'actionnaire majoritaire ne coïncide plus avec la vision stratégique du gouvernement sénégalais.

«Nous sommes arrivés à des divergences de visions avec le gouvernement sénégalais. Nous leur avons alors proposé amicalement de reprendre le contrôle d'Air Sénégal International, sans demander vraiment de partir», a affirmé, amer, Driss Benhima, dans un point de presse organisé lundi 5 novembre à Casablanca.
D. Benhima a consacré l'essentiel de sa présentation à réagir à l'annonce, faite mardi 30 octobre dernier, par Farba Senghor, ministre sénégalais des Transports terrestres et aériens, de la décision de son gouvernement de se séparer avec l'actionnaire majoritaire d'Air Sénégal International.
«Il a été constaté que la gestion d'Air Sénégal International par la partie marocaine a enregistré une perte accumulée de plus de 12 milliards de francs CFA en fin 2005 et plus de 11 milliards pour le seul exercice 2006. Cette perte est due essentiellement à des factures tardives de la Royal Air Maroc des exercices précédents non provisionnés par Air Sénégal International, alors que les états financiers étaient régulièrement approuvés par le conseil d'administration», avait annoncé F. Senghor.
Dans ses explications, Benhima n'a pas essayé de se dérober devant les responsabilités de sa compagnie dans une partie des défaillances, notamment celles relatives aux factures antérieures à 2005 et prises en compte en 2006, en reconnaissant que des incompétences humaines étaient derrière cette défaillance.
Néanmoins, pour D. Benhima, cette situation ne devait pas cacher qu'entre la prise de contrôle d'ASI en 2001 et l'année 2005, Air Sénégal International a réalisé une croissance rapide. En 2005, année noire pour ASI, trois événements sont venus casser ce rythme. Il s'agit d'incidents techniques, qui ont immobilisé deux avions, sur les cinq que compte la flotte de la compagnie, mais également de la régularisation, en 2006, de la comptabilisation de charges engagées au cours des exercices précédents et n'ayant pas été provisionnées.
L'autre moitié du déficit proviendrait, selon le patron de Royal Air Maroc, de pertes d'argent en liaison avec l'ouverture de lignes et de réseaux mal adaptés, dont certains ont été fermés comme Milan et Accra.

Amélioration en 2007
Cette parenthèse fermée, les choses ont repris dès 2007, le chemin de la croissance, notamment avec le plan de redressement élaboré par Royal Air Maroc en septembre 2007. La progression du chiffre d'affaires (de 3,1 milliards en octobre 2006 à 3,6 milliards F CFA en octobre 2007), l'amélioration de la trésorerie (de 6,8 milliards de déficit en septembre 2006 à 600 millions de F CFA d'excédent au 31 octobre 2007) et optimisation du remplissage des vols (dont le coefficient s'est amélioré de 7 points) sont autant d'indicateurs de cette performance.
Même en laissant entendre que la séparation n'était pas inévitable, D. Benhima a noté que «le gouvernement sénégalais n'avait pas les moyens de nous contraindre d'abandonner notre majorité. Nous avions suggéré de partir quand les divergences avec l'autorité de tutelle ont atteint des niveaux élevés.»
Maintenant, il faut prévoir le montant et le schéma de transfert de plus de 25% du capital d'ASI de la RAM à l'Etat sénégalais, a-t-il ajouté.
Devant ce problème d'une compagnie publique, le gouvernement marocain n'a émis aucun signal pour soutenir la RAM, nous a affirmé D. Benhima. Il aurait plutôt fait mieux d'essayer de combler le fossé entre les deux parties pour éviter la séparation de la RAM avec Air Sénégal International.
Source: AL BAYANE
 
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