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Sans perspective de gouvernement, la Belgique s'interroge sur son avenir
Publié le 02/12/2007 à 22:33:00 GMT

BRUXELLES - La Belgique a-t-elle encore un avenir? La question est plus que jamais posée à présent que le favori au poste de Premier ministre, le Flamand Yves Leterme , a dû jeter l'éponge faute d'avoir pu élaborer un plan de réformes du royaume satisfaisant Flamands et francophones, enfonçant le pays un peu plus dans une crise qui fait craindre désormais l'éclatement du pays.

Champion des démocrates-chrétiens flamands, qui continuent de voir en lui le futur Premier ministre belge, Yves Leterme a pourtant dû se rendre à l'évidence samedi: les francophones, qui représentent 40% de la population, ne veulent pas des modifications constitutionnelles mises sur la table par la Flandre.

Le parti centriste francophone CDH, qui était impliqué dans les négociations gouvernementales depuis les élections législatives du 10 juin, a en particulier refusé que des pans de la sécurité sociale soit régionalisés.

Comme le parti d'Yves Leterme, le CDV, et son allié fidèle, la Nouvelle Alliance Flamande (NVA), refusent de participer à un gouvernement tant qu'une réforme accordant plus de compétences à la Flandre n'est pas sur les rails, M. Leterme s'est résolu, 174 jours après les élections, à demander au roi Albert II de le décharger de sa mission de "formateur" du gouvernement.

Le parti d'extrême droite flamand Vlaams Belang, qui depuis longtemps réclame une "république flamande" indépendante, a été le premier à vouloir tirer les marrons du feu en appelant à des "discussions pour préparer la scission du pays".

L'échec d'Yves Leterme "prouve qu'il n'est plus possible de former un gouvernement représentant les intérêts tant du nord (la Flandre, ndlr) que du sud (la Wallonie)", a estimé le sénateur Vlaams Belang Joris Van Hauthem, interrogé par l'AFP.

Sans aller aussi loin, le député régional démocrate-chrétien flamand Eric Van Rompuy a évoqué une "crise de régime". "Ce n'est pas une question de partis ou de personnes, c'est beaucoup plus profond", a-t-il assuré.

La question d'un éclatement du pays n'est cependant pas --encore-- au centre des débats, les leaders politiques s'échinant plutôt à se renvoyer la responsabilité de l'échec.

Mais elle est sous-jacente. "Le séparatisme, c'est une évolution douce. Je ne suis pas un révolutionnaire qui veut tout du jour au lendemain, mais je n'abandonnerai pas non plus mes principes juste pour avoir un gouvernement", a averti Bart De Wever, le président du parti indépendantiste NVA. Les partis francophones l'accusent d'avoir fait capoter les discussions.

C'est donc au roi Albert II qu'échoue la tâche de trouver une solution s'il ne veut pas voir son pays, indépendant depuis 1830, figurer dans les livres d'Histoire au chapitre des royaumes disparus.

Mais le souverain de 73 ans aura beau retourner l'équation dans tous les sens, aucune majorité de gouvernement ne paraît plus facile à bâtir que l'"Orange bleue" --la réunion des démocrates-chrétiens et des libéraux, tant francophones que flamands-- qu'Yves Leterme a été incapable de concrétiser.

Les autres coalitions envisagées seraient minoritaires ou comprendraient des partis avec lesquels les formations traditionnelles refusent de gouverner, comme le Vlaams Belang. Ou elles devraient faire la synthèse de programmes antagonistes.

Un retour aux urnes paraît également délicat, car les plus radicaux des deux camps risqueraient d'en sortir encore renforcés.

Reste l'option, envisagée par plusieurs médias, de prolonger la vie de la coalition (minoritaire) libérale-socialiste sortante, dirigée par Guy Verhofstadt, jusqu'aux élections régionales de 2009. Et de rebattre à ce moment toutes les cartes.

M. Verhofstadt a été reçu samedi soir par le souverain mais ne s'est pas vu dans l'immédiat confier de mission particulière.

Source: AFP
 
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