Russie: élections législatives visant à pérenniser l'autorité de Poutine Publié le 02/12/2007 à 17:29:00 GMT
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MOSCOU - Les Russes ont commencé à voter dimanche aux législatives qui s'annoncent triomphales pour le parti au pouvoir et visent à pérenniser l'autorité de Vladimir Poutine , alors qu'il doit quitter le Kremlin au printemps 2008. Evènement
De Kaliningrad, aux portes de l'Europe, à Vladivostok sur la côte Pacifique, 109 millions d'électeurs sont invités à élire les 450 députés de la Douma (chambre basse du Parlement) pour un mandat de quatre ans, de 08H00 à 20H00 (heures locales).
Les bureaux ont ouvert dès samedi 20H00 GMT dans l'Extrême-Orient russe en raison de l'immensité de ce pays qui s'étend sur onze fuseaux horaires. Dans la partie occidentale de la Russie, la plus peuplée, les électeurs votent depuis 05H00 GMT.
Les premiers sondages de sortie des bureaux de vote et les premiers résultats partiels doivent être rendus publics à 18H00 GMT, dès la fermeture des derniers bureaux.
Fait inédit dans l'histoire russe, le président Poutine participe aux législatives en tant que tête de liste du parti au pouvoir Russie unie, ce qui transforme de facto ce scrutin en référendum pour ou contre sa politique et sa personne. Ce parti tout-puissant est crédité de 62 à 67% des intentions de vote. Il détient déjà 297 des 450 sièges dans la Douma sortante.
"Je vais voter pour Russie unie, pour Vladimir Poutine, car il a augmenté nos salaires. Grâce à Poutine, les professeurs peuvent désormais vivre dignement", s'est exclamée Natalia Zavialova, un professeur de 35 ans, à l'entrée du bureau de vote numéro 171, dans le centre de Moscou.
A Saint-Pétersbourg, Ksénia Fiodorova, 23 ans, étudiante, a aussi donné sa voix à ce parti. "J'ai voté pour Russie unie parce que je ne connais pas les autres, je ne sais rien d'eux", a-t-elle concédé.
L'opposition, écrasée par le rouleau compresseur de Russie unie, a été de fait à peine perceptible dans la campagne. Elle a dénoncé son accès très limité aux médias, acquis au Kremlin, les pressions sur ses militants et l'utilisation des moyens publics au service du parti au pouvoir.
A l'étranger, la transparence du scrutin a aussi été mise en doute. La chancelière allemande Angela Merkel a déploré dimanche que "la possibilité pour les militants des droits civiques de s'exprimer ait été restreinte" et que "les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n'aient pas pu prendre part aux élections". La Maison Blanche a exprimé la crainte que les élections ne soient pas "libres et justes".
Dimanche matin, par -8 degrés, les rues verglacées de Moscou étaient pavoisées aux couleurs de la Russie, tel un jour de fête nationale. Sur les grands boulevards, seules les affiches de Russie unie continuaient à s'étaler. "Votez n°10", la liste de Vladimir Poutine, suggérait encore un panneau publicitaire devant l'école abritant le bureau 171.
Seuls deux autres partis semblent en passe d'entrer au Parlement, les communistes (10 à 14% des intentions de vote) et les ultranationalistes (LDPR) de Vladimir Jirinovski (6 à 9%), la loi électorale imposant un minimum de 7% des voix pour être représenté à la Douma.
A Saint-Pétersbourg, Tatiana Artamonova, 65 ans, a voté pour le PC russe. "C'est le seul parti qui veuille vraiment faire quelque chose pour le peuple. J'ai grandi avec le socialisme, ses idées sont celles qui me sont le plus proches", dit-elle.
Les électeurs de l'opposition libérale et démocratique - SPS et Iabloko, crédités de 1 à 2% des intentions de vote chacun - sont plus rares.
"J'ai voté pour Iabloko. Je n'ai pas envie de voter pour un régime policier", confie Ivan Bougatov, un petit entrepreneur de 40 ans, dans l'ancienne capitale impériale, considérée comme plus libérale.
"J'ai voté pour le SPS. Russie Unie, c'est comme le retour au Parti communiste", dit Alexeï Goutkine, ingénieur de 42 ans, à Petropavlovsk-Kamtchatski, à 6.000 km de Moscou.
S'il remporte haut la main les élections, Vladimir Poutine aura toute la légitimité requise pour conserver une influence, sous une forme qui reste à déterminer, à l'issue de la présidentielle de mars 2008 à laquelle il ne peut se présenter.
Seule une forte abstention pourrait jeter une ombre sur sa victoire annoncée.
Source: AFP
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