Liban: "il n'y a pas d'état d'urgence", déclare le Premier ministre Publié le 24/11/2007 à 20:22:00 GMT
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BEYROUTH - Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a jugé samedi sans valeur la proclamation de l'état d'urgence faite la veille par l'ex-président pro-syrien Emile Lahoud quelques heures seulement avant l'expiration de son mandat.
Dans ses premières déclarations depuis le départ de la présidence de M. Lahoud vendredi à minuit, M. Siniora a également cherché à apaiser les inquiétudes de ses compatriotes sur une vacance du pouvoir, assurant que le gouvernement continuait à exercer pleinement ses prérogatives, conformément à la Constitution, et que tous les efforts étaient faits pour parvenir à trouver rapidement un candidat de compromis pour le poste présidentiel.
"Notre objectif principal dans l'étape à venir, dont nous espérons qu'elle ne durera pas plus de quelques jours, sera d'exercer tous les efforts possibles (...) pour mettre fin à cette situation dès que possible", a déclaré le Premier ministre.
Vendredi soir, avant de quitter le pouvoir, le président Lahoud a annoncé qu'il transmettait les pouvoirs en matière de sécurité à l'armée, affirmant que le pays se trouvait en "état d'urgence".
"Il n'y a pas d'état d'urgence, et il n'y a aucun besoin de cela", a répondu samedi M. Siniora. "L'armée fait son travail en tandem avec les autres forces de sécurité."
"Il n'y a absolument aucun besoin pour aucun Libanais d'être préoccupé par la situation sécuritaire. L'armée fait son travail et a le plein contrôle de la situation sur le terrain", a assuré le Premier ministre, soutenu par la majorité parlementaire anti-syrienne.
M. Siniora s'exprimait à l'issue d'un entretien avec le très influent chef de l'Eglise maronite libanaise, le patriarche Nasrallah Sfeir, qui joue un rôle crucial dans la recherche d'un candidat présidentiel de compromis, acceptable à la fois pour la majorité parlementaire anti-syrienne, dirigée par Saad Hariri, et pour l'opposition, dont l'un des chefs de file est le président du Parlement Nabih Berri, chef d'Amal et proche du Hezbollah.
En vertu du système confessionnel en vigueur au pays du Cèdre, la présidence de la République échoit traditionnellement à un chrétien maronite, celle du Parlement à un chiite et la direction du gouvernement à un sunnite.
Samedi matin, les magasins ont ouvert comme si de rien n'était à Beyrouth, alors que le Liban s'éveillait sans président. Nombre de Libanais craignent que la vacance du pouvoir présidentiel ne provoque une nouvelle poussée de violence dans le pays, plongé dans la crise politique depuis un an.
Les deux camps se rendent mutuellement responsables de l'impasse actuelle et d'atteintes à la Constitution, et bien qu'un nouveau vote soit prévu pour vendredi prochain, rien n'indique qu'un compromis soit en vue.
Le commandement militaire s'est de son côté refusé à tout commentaire. Son chef, le général Michel Suleiman, qui est très respecté, s'attache à rester neutre.
Avant de quitter ses fonctions vendredi soir, Emile Lahoud a lancé que le gouvernement de Fouad Sinora était "illégitime et inconstitutionnel". "Ils savent cela, même si (le président) Bush dit le contraire!" Vers 22h, il avait publié un communiqué faisait référence à un "état d'urgence" au Liban, confiant le pouvoir à l'armée, mais le gouvernement; qui selon la Constitution doit approuver l'instauration d'un état d'urgence, a rapidement déclaré "sans valeur" cette mesure.
Deux milliers de partisans du gouvernement ont applaudi le départ de M. Lahoud dans un quartier musulman sunnite de Beyrouth, aux cris de "Dehors Lahoud!"
L'armée, placée en en état d'alerte depuis plusieurs jours, restait mobilisée pour empêcher d'éventuels affrontements entre les deux camps. Des centaines de soldats, des chars, des véhicules de transport de troupes blindés et des Jeeps surveillaient les alentours du Parlement, en centre-ville, ainsi que les routes conduisant dans la capitale.
Source: AP
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