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Les négociations à nouveau dans l'impasse en Belgique Publié le 27/11/2007 à 22:56:00 GMT
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BRUXELLES - Après 170 jours de crise, les négociations pour la formation d'un gouvernement belge sont dans un état critique après qu'un parti nationaliste flamand a posé des exigences jugées inacceptables par les francophones.
L'optimisme est monté de plusieurs crans lundi lorsque les libéraux et les démocrates-chrétiens ont semblé enfin sortir de l'impasse sur l'organisation future de la Belgique, qui bloque les pourparlers depuis les élections du 10 juin dernier.
Si le programme socio-économique du futur gouvernement est pratiquement prêt, les Flamands demandent que l'on déshabille l'Etat fédéral de nombre de toutes ses compétences, la sécurité sociale et la fiscalité devant selon eux être gérées par les régions. La Belgique deviendrait une simple confédération.
Mais les francophones, qui à Bruxelles et en Wallonie sont dans une situation économique difficile avec un taux de chômage de 20%, ne veulent pas de cette réforme de l'Etat qui les obligerait à gérer des compétences sans en avoir les moyens.
Ils étaient d'ailleurs 35.000 à manifester il y a dix jours dans les rues de Bruxelles leur attachement à la Belgique unie lors d'une marche où les Flamands étaient très minoritaires.
Plusieurs réunions secrètes semblent pourtant avoir débouché sur une percée et les quatre principaux partis en négociation avaient donné lundi leur accord de principe aux propositions faites par le "formateur", le démocrate-flamand Yves Leterme.
Une Convention calquée sur le modèle du forum qui a rédigé la Constitution européenne devait être mise sur pied pour faire en 2008 des propositions sur le fonctionnement futur de l'Etat.
SURENCHÈRE NATIONALISTE
Pour rassurer les francophones, l'objectif est le renforcement de l'Etat fédéral et le maintien de la solidarité Nord-Sud indispensable à une Wallonie appauvrie.
En outre, la parité linguistique y régnerait, ce qui garantit que les Flamands ne pourront utiliser leur majorité démographique pour imposer une réforme aux francophones.
Pour rassurer les Flamands, le texte prévoit dans l'autre sens qu'il y aura bien une réforme de l'Etat et des pistes sont évoquées sur la dévolution aux régions de compétences comme la politique de l'emploi ou certains pans de la fiscalité.
Ce château de cartes s'est effondré lundi soir lorsque la NV-A, un petit parti nationaliste allié aux démocrates-chrétiens flamands (CD&V), a rejeté ce "compromis à la belge".
Cette formation, qui prône à terme l'indépendance de la Flandre, refuse l'allusion au maintien de l'Etat fédéral belge et réclame l'autonomie fiscale des régions ainsi que la scission des allocations familiales et de la sécurité sociale.
Si ces revendications, qui sont totalement inacceptables pour les partis francophones, sont refusées, "nous ne pourrions pas participer au prochain gouvernement", a dit la NV-A.
La réaction de la presse francophone est virulente.
"La Belgique est désormais l'otage d'un groupe d'hommes politiques (...), séparatistes pour la plupart, qui n'ont d'autre mission politique que de faire exploser ce pays", écrit ainsi La Libre Belgique. "Chaque jour de crise accroît leur plaisir: ils veulent démontrer que la Belgique, cet 'accident de l'histoire', sera bientôt ingouvernable."
"LES WALLONS, C'EST DU CACA!"
Le blocage est total pour plusieurs raisons.
Tout d'abord parce que les démocrates-chrétiens flamands ne veulent pas briser le "cartel" qui les lie aux nationalistes.
"Les deux formations n'ont aucun intérêt à briser leur alliance", explique Vincent de Correbyter, directeur du Centre de recherche et d'information socio-politiques (Crisp).
Même si les nationalistes ne représentent que cinq sièges sur les 150 que compte la Chambre des représentants, ils permettent au cartel de constituer la première force politique du pays: sans eux, les chrétiens-démocrates retomberaient au niveau de l'extrême droite flamande du Vlaams Belang.
Dans ce cas, ils ne pourraient plus prétendre au poste de Premier ministre, ce qui est leur principal objectif.
Une rupture du cartel risquerait aussi de provoquer un regroupement du Vlaams Belang, de la NV-A et d'un parti populiste qui, tous, réclament l'indépendance de la Flandre.
Or, tous les partis sont déjà en pré-campagne pour les élections régionales de 2009: les nationalistes flamands ont donc tout intérêt à se montrer intransigeants sur ce dossier.
Enfin, la NV-A est indispensable à la future coalition.
Sans eux, l'Orange bleue ne dispose que de 76 sièges sur 150 et plusieurs démocrates-chrétiens flamands risquent de quitter le navire si les nationalistes brisent le cartel.
Les partis francophones en sont donc réduits à attendre que les Flamands proposent une porte de sortie qui pourrait prendre la forme d'un gouvernement de crise constamment menacé d'être mis en minorité, notamment par l'opposition socialiste.
L'économie belge commence en effet à pâtir de la situation et le patronat s'inquiète d'une envolée de l'inflation.
Le climat entre les communautés a également tendance à se détériorer, comme l'illustre un événement qui s'est passé samedi dernier à Genk, un club de football flamand qui rencontrait en Coupe de Belgique les Wallons de l'Olympic Charleroi.
L'arbitre a interrompu la rencontre lorsque les supporters locaux ont commencé à chanter: "Les Wallons, c'est du caca!".
Source: Reuters
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