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Belgique: le Flamand Yves Leterme renonce à former le gouvernement Publié le 01/12/2007 à 19:30:00 GMT
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BRUXELLES - Le candidat au poste de Premier ministre en Belgique, le Flamand Yves Leterme, a décidé de démissionner et de renoncer à sa mission de formation d'un gouvernement national en raison du blocage avec les partis francophones, a indiqué samedi son porte-parole à l'AFP.
La crise politique sans précédent qui ébranle la Belgique depuis près de six mois menace de s'aggraver encore alors que les partis francophones ont refusé samedi de céder à un ultimatum que leur avait posé le candidat Premier ministre, le Flamand Yves Leterme.
Ce dernier, leader des chrétiens-démocrates flamands, essayait en vain jusqu'ici de former un nouveau gouvernement, alors que les élections législatives remontent au 10 juin. Une vacance d'une durée record dans l'histoire nationale, qui oblige l'ancien cabinet à gérer depuis les affaires courantes.
Face à la persistance du blocage entre les quatre partis flamands et francophone de la coalition de centre-droit qu'il tente de mettre sur pied (dite "orange bleue", de la couleur des partis), Yves Leterme, un Flamand radical de 47 ans, a perdu patience et décidé de jouer son va-tout.
Il leur a demandé vendredi soir de répondre à trois questions sensibles pour tester la disponibilité des formations, principalement les francophones, à accepter une plus grande autonomie des Flamands en Belgique (discussion sans tabous sur la réforme de l'Etat, autonomie fiscale renforcée des régions et procédure d'adoption facilitée au Parlement pour les réformes institutionnelles).
Sans surprise, le propre parti de M. Leterme, le mouvement flamand CDV (chrétien-démocrate), allié au sein d'un "cartel" à une petite formation nationaliste flamande (NVA), a répondu "trois fois oui".
Côté francophone, en revanche, le compte n'y est pas. Le parti libéral MR de Didier Reynders, et son homologue flamand l'Open VLD (modéré), ont répondu par un "oui" ambigu, en évitant de se prononcer clairement sur la dernière question, potentiellement la plus explosive, portant la procédure d'adoption des réformes de l'Etat.
L'autre parti francophone de la coalition, le chrétien-démocrate CDH, traditionnellement plus ferme dans la défense des intérêts de la communauté francophone, a lui carrément refusé de répondre directement aux questions posées.
Il s'est borné dans un communiqué à renvoyer Yves Leterme à un compromis mort-né qui avait été trouvé lundi et qui prévoyait de renvoyer la réforme de l'Etat, sans entrer dans les détails, à une Convention parlementaire.
Cette solution, qui aurait l'avantage de déconnecter les problèmes "communautaires" Flamands/francophones, de la formation d'un gouvernement, a toutefois été déjà rejetée le NVA.
La balle est désormais dans le camp d'Yves Leterme. "Il a suffisamment pour réfléchir et prendre une décision", a indiqué son porte-parole à l'AFP, en soulignant que le candidat Premier ministre pourrait faire une annonce dans l'après-midi.
De l'avis des médias belges, il n'est pas exclu que compte tenu du blocage il jette l'éponge en allant faire au roi le constat d'échec de la mission de "formateur" du gouvernement qui lui avait été fixée.
Il s'agirait d'une répétition. Yves Leterme avait déjà une première fois renoncé le 23 août, après plusieurs semaines de négociations tendues. Fin septembre, le roi Albert II lui avait pourtant donné une seconde chance, faute d'alternative.
Samedi, la presse francophone ne semblait plus y croire. La Libre Belgique parle de "chant du cygne" après "l'ultime ultimatum" du candidat Premier ministre. Pour elle, "le certificat de décès de l'orange bleue est prêt" et Yves Leterme doit démissionner pour laisser la place à une personnalité flamande à la fois plus expérimentée et plus modérée.
Pour Le Soir, l'intéressé a tiré son "ultime cartouche". Le journal l'accuse dans un éditorial d'avoir seulement cherché par son ultimatum à "rejeter son échec sur d'autres", en l'occurence les partis francophones qui seraient ainsi perçus comme inflexibles.
Source: AFP
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