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Zimbabwe: Mbeki attendu pour des pourparlers sur la crise politique
Publié le 09/05/2008 à 10:01:08 GMT

Le président sud-africain Thabo Mbeki est attendu au Zimbabwe pour des pourparlers sur la crise politique que traverse le pays.Les avocats du parti au pouvoir et de l'opposition se retrouvent par ailleurs au tribunal électoral au sujet des recours déposés contre les résultats des législatives du 29 mars dans la moitié des circonscriptions. La date du second tour de la présidentielle reste inconnue.La pression diplomatique s'accroît sur le Zimbabwe afin qu'il accepte des observateurs du monde entier au second tour de la présidentielle, dont la date reste inconnue, alors que le régime réfute les accusations d'attaques contre des opposants au président Robert Mugabe. L'opposition a dénoncé jeudi un accroissement des violences, avec 30 de ses militants tués depuis les élections générales du 29 mars. Une syndicaliste a fait état de 40.000 personnes déplacées par l'action de milices. Mais les forces de l'ordre ont minimisé la gravité des incidents.Six jours après l'annonce des résultats du premier tour donnant Morgan Tsvangirai, 56 ans, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), devant Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, la commission électorale n'a toujours pas communiqué la date du second tour.Tsvangirai, qui a revendiqué sa victoire dès le premier, a accusé le chef de l'Etat de terroriser les Zimbabwéens afin qu'ils votent en sa faveur au second et lui assurent un 6e mandat.L'étau s'est resserré en outre autour des médias avec l'annonce jeudi de l'arrestation d'un photographe de l'agence de presse Reuters et du rédacteur en chef de l'hebdomadaire local The Standard. L'agence a précisé dans la soirée que son photographe, détenu depuis lundi, avait été libéré.Dans son dernier bilan des violences, le MDC a fait état de 30 de ses militants tués par des partisans de Mugabe dans des zones rurales."Chaque jour apporte son nouveau lot d'histoires sanglantes sur des êtres humains maltraités. C'est inquiétant", a dénoncé le porte-parole du parti, Nelson Chamisa. "C'est pourquoi nous supplions à genoux la communauté internationale d'aider à faire cesser ce carnage."Selon la secrétaire générale du Syndicat des ouvriers agricoles du Zimbabwe, Gertrude Hambira, des dizaines de milliers d'entre eux et leurs familles ont fui des attaques et actes d'intimidation de "miliciens vêtus d'uniformes militaires". "Depuis les élections, nous avons répertorié 40.000 déplacés (...) accusés d'avoir voté pour l'opposition", a-t-elle déclaré à Johannesburg.Des organisations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont déjà accusé les forces de l'ordre d'être complices de ces violences.Mais l'armée a affirmé qu'elle prenait "catégoriquement ses distances (...) vis-à-vis de telles activités". Et un porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, cité jeudi par le quotidien d'Etat The Herald, a mis en doute le bilan du MDC, affirmant: "trois des cas ne sont pas fondés, les autres font l'objet d'une enquête".La communauté internationale se montre toutefois de plus en plus inquiète. La Maison Blanche a souligné jeudi que la "violence et l'intimidation doivent cesser", estimant que "Mugabe et ses partisans doivent s'abstenir d'agir ainsi contre ceux qui soutiennent l'opposition".Egalement préoccupé, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que les "futures étapes du processus électoral doivent être organisées de manière pacifique, crédible et transparente en présence d'observateurs internationaux".Et le Premier ministre britannique Gordon Brown a demandé que le scrutin se déroule "sous la surveillance de la communauté internationale tout entière".Des observateurs africains et de pays amis, tels que la Chine, avaient assisté au premier tour, mais pas ceux de l'Union européenne et des Etats-Unis, qui ont adopté des sanctions contre les dignitaires du régime après la réélection controversée de Mugabe en 2002.Le second tour devrait théoriquement se tenir 21 jours après les résultats. Mais la commission électorale a déjà averti que cela pourrait prendre plus de temps.

Source: AFP
 
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