
Le régime du président zimbabwéen Robert Mugabe a resserré lundi son étau autour de l'opposition, arrêtant un député, et a dans le même temps rejeté les conditions posées par le rival du chef de l'Etat, Morgan Tsvangirai, pour participer au second tour de la présidentielle.Un député du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Heya Shoko, nouvellement élu dans un ancien fief du parti au pouvoir, a été arrêté lundi en lien avec des violences commises dans sa circonscription, selon un de ses confrères.C'est le premier député de l'opposition interpellé depuis les élections générales du 29 mars.Par ailleurs, le président et le secrétaire général de la principale centrale syndicale, le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU), détenus depuis jeudi pour "incitation à la rébellion", se sont vu refuser une libération sous caution, selon leur avocat.Dans le même temps, le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a rejeté la demande de M. Tsvangirai concernant la présence au second tour de la présidentielle d'observateurs des pays occidentaux, à l'origine de sanctions contre le régime."Nous réviserons notre jugement en leur faveur s'ils lèvent les sanctions. A moins qu'ils ne le fassent, il n'y a aucune raison d'avoir des relations avec eux", a déclaré le ministre, cité par le quotidien d'Etat The Herald.Après plus d'un mois passé à parcourir l'Afrique australe pour convaincre les leaders de la région d'enrayer la crise post-électorale zimbabwéenne, le chef du MDC, arrivé devant le président Mugabe au premier tour de la présidentielle, a annoncé son retour imminent. Mais M. Tsvangirai, passé à tabac l'an dernier par la police, a souligné qu'il ne participerait qu'à un second tour libre et juste.Le gouvernement a affirmé que le leader du MDC n'avait rien à craindre."Si sa vie est vraiment menacée, nous avons des agents de sécurité", a déclaré le vice-ministre de l'Information, Bright Matonga. "Il ne nous a jamais dit qu'il avait fui parce qu'il était en danger et, selon nos informations, il est en vacances tout en faisant campagne pour diaboliser le Zimbabwe."Critiqué pour être resté si longtemps à l'étranger, M. Tsvangirai a annoncé, samedi depuis l'Afrique du Sud, qu'il rentrerait "dans quelques jours". Mais il a souligné qu'il ne participerait au second tour qu'à condition que la violence cesse, que la commission électorale soit réorganisée et que des observateurs internationaux ainsi qu'une force de maintien de la paix régionale soient déployés.La commission électorale n'a proclamé les résultats du premier tour qu'au bout de cinq semaines et n'a toujours pas fixé la date du second.Le MDC accuse M. Mugabe, défait dans les urnes pour la première fois en 28 ans au pouvoir, de semer la terreur afin de s'assurer la victoire au second tour et affirme que 32 de ses militants ont été tués et que 30 sont portés disparus.Le parti a rencontré samedi le président angolais José Eduardo dos Santos, qui préside le comité de sécurité de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), pour demander l'envoi d'une force de maintien de la paix."L'engagement de travailler au sein de la SADC a été pris (...) afin de garantir que s'il y a un second tour, il se déroule conformément à la loi et cela signifie qu'il doit y avoir la paix et des garants de la paix", a déclaré le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, à la radio publique sud-africaine.Le ministre de la Justice a cependant accusé M. Tsvangirai de chercher "à introduire de nouvelles règles dans un jeu en cours".M. Chinamasa a aussi critiqué le chef de l'Etat zambien et actuel président de la SADC, Levy Mwanawasa: "Nous ne l'avons pas entendu appeler à la levée des sanctions", a-t-il dit en allusion à l'embargo sur les armes, à l'interdiction à plus d'une centaine de dignitaires d'aller aux Etats-Unis et dans l'UE et au gel de leurs avoirs.
Source: AFP
|