
La Bourse de New York a lourdement rechuté jeudi, plombée par un indicateur qui est venu rappeler au marché l'ampleur et la persistance de la crise de l'immobilier aux Etats-Unis: le Dow Jones a perdu 2,43% et le Nasdaq 1,97%.Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a lâché 283,10 points, à 11.349,28 points, et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique, 45,77 points, à 2.280,11 points, selon les chiffres définitifs de clôture.L'indice élargi Standard & Poor's 500 a pour sa part perdu 29,65 points, à 1.252,54 points (-2,31%).Après avoir ouvert en petite baisse, les indices n'ont cessé de creuser leurs pertes après l'annonce d'une baisse plus importante qu'attendu des ventes de logements anciens en juin, en dépit d'une poursuite de la baisse des prix."Cet indicateur est largement responsable du déclin observé", a commenté Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management."Ces mauvais chiffres ne sont pas vraiment une surprise, mais tant que l'immobilier ne montrera pas des signes de reprise, il n'y aura pas d'enthousiasme sur le marché, parce que c'est ce qui met la pression sur les banques", a expliqué l'analyste.Le secteur financier, qui avait fortement rebondi lors des dernières séances, a particulièrement souffert de cette piqûre de rappel: l'indice sectoriel S&P Banking Index a perdu 7,32%.Citigroup a chuté de 9,75%, Lehman Brothers de 12,23%, Wachovia de 11,10%, Merrill Lynch de 14,11%, et Bank of America de 8,37%.La banque régionale Washington Mutual, basée à Seattle (nord-ouest), a plongé de 13,33%, son titre ne valant plus que 4,03 dollars.Les géants du refinancement hypothécaire, Freddie Mac et Fannie Mae, ont perdu respectivement 18,43% et 19,87%. Mercredi, il avaient pris plus de 11%, aidés par un ambitieux plan de sauvetage de l'immobilier que le Congrès s'apprête à approuver, comprenant des mesures de soutien à ces deux sociétés.En outre, alors que le Dow Jones avait rebondi de plus de 500 points entre le 11 juillet et mercredi soir, le marché était particulièrement vulnérable aux prises de bénéfices, ont jugé les analystes.Autre facteur technique, les restrictions imposées par le régulateur boursier américain sur la vente d'actions à découvert, destinées à limiter le plongeon du secteur financier, auraient montré leur effet pervers."Ces mesures ont contribué au rebond de ces dernières séances, mais quand le marché repart à la baisse, on ne trouve pas d'acheteurs", a estimé M. Blicksilver.Sur le front des résultats trimestriels d'entreprises, encore très nombreux, "il y a eu des déceptions notables", a expliqué Patrick O'Hare, du site d'informations financières Briefing.com.L'analyste a cité le groupe de chimie Dow Chemical (-3,30%) et le constructeur automobile Ford (-15,26%), qui a annoncé de nouvelles mesures de restructuration pour faire face à ses lourdes pertes et à un marché déprimé.Des bonnes surprises sont malgré tout venues du distributeur de produits de loisirs sur internet Amazon.com (+12,45%), du groupe diversifié 3M (+0,35%) ou encore du groupe pharmaceutique Bristol-Myers Squibb (+1,05%).Alors que le pétrole, dont la chute avait aidé le rebond récent du marché, est reparti modestement à la hausse, les compagnies aériennes ont essuyé de lourds reculs. United Airlines a plongé de 20,75%, Delta Air Lines de 20,93%, Northwest Airlines de 20,75%, Continental Airlines de 16,89% et American Airlines de 14,66%.Le titre Qualcomm a en revanche bondi de 18,18%. L'équipementier télécoms a relevé ses prévisions de résultats annuels à la suite du règlement à l'amiable de son litige avec le groupe finlandais Nokia.Le marché obligataire a fini en hausse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a reculé à 4,016%, contre 4,148% mercredi soir, et celui à 30 ans à 4,611%, contre 4,700% la veille.NyseNasdaq
Source: AFP
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