
Les dirigeants européens veulent se donner rendez-vous lors de leur prochain sommet mi-octobre pour faire le point sur l'avenir du traité de Lisbonne après le "non" irlandais, selon un projet de conclusion de leur réunion qui s'achève vendredi obtenu par l'AFP. "Le Conseil européen s'est rallié à la suggestion de l'Irlande de revenir sur cette question lors de la réunion du 15 octobre 2008 afin d'examiner la voie à suivre", souligne le projet de texte, susceptible encore d'être modifié lors de la dernière session du sommet de Bruxelles vendredi matin.Dans l'immédiat, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se montrent très prudents sur la marche à suivre. Ils se bornent à constater que "19 Etats membres" de l'UE ont déjà ratifié le traité et que le processus de ratification "se poursuit" dans les autres pays.De nombreux chefs de gouvernements auraient souhaité une formule plus nette pour marquer la détermination des autres pays à mener à bien la validation du traité de Lisbonne, censé faire mieux fonctionner l'Europe élargie, mais la République tchèque, dont le gouvernement est eurosceptique, rechigne.Le projet de conclusion ajoute que "le Conseil européen est convenu qu'il fallait davantage de temps pour analyser la situation".Dès avant le début du sommet de Bruxelles - le premier depuis la gifle qu'a constituée le non irlandais au référendum du 12 juin - plusieurs dirigeants, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, avaient pourtant expliqué que l'UE devait éviter de replonger dans une "période de réflexion", comme celle qui avait été fatale à la Constitution européenne au lendemain des "non" français et néerlandais de 2005.Mais le Premier ministre irlandais Brian Cowen a répondu qu'il était "beaucoup trop tôt pour présenter des solutions possibles" au rejet par les électeurs irlandais de ce texte censé rendre l'Europe plus efficace. "Cela fait seulement sept jours que les Irlandais se sont exprimés. Cette décision doit être respectée", a-t-il ajouté. Son chef de la diplomatie, Micheal Martin, a clairement refusé d'accepter le prochain sommet d'octobre comme date limite à laquelle son gouvernement devrait faire des propositions sur les moyens d'aménager le traité en vue d'organiser un éventuel second référendum en Irlande."Nous apporterons un rapport d'étape au sommet d'octobre mais nous ne pensons pas qu'il y aura des solutions sur la table en octobre", a déclaré M. Martin aux journalistes en marge du sommet.Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt l'a appuyé dans son refus de ne pas brusquer les choses, estimant qu'il ne fallait pas imposer à l'Irlande un calendrier de sortie de crise."Continuons le processus de ratification et ne poussons pas maintenant pour avoir des dates limites, attendons les réponses à l'automne", a-t-il plaidé.Les 12 dirigeants de la famille politique conservatrice européenne - dont Mme Merkel ou le Polonais Donald Tusk - se sont ainsi contentés d'appeler à "poursuivre la ratification du traité" de Lisbonne dans les pays ne l'ayant pas encore ratifié, dans un communiqué publié jeudi soir.Ils comptent sur la validation du traité par la Grande-Bretagne, l'un des pays les plus eurosceptiques de l'UE, pour donner à la ratification "un nouvel élan."Malgré les problèmes que pourrait rencontrer le traité en République Tchèque, la plupart des dirigeants européens continuent à espérer que Dublin organisera un nouveau référendum à temps pour que le traité puisse entrer en vigueur d'ici les élections européennes de juin 2009.Lors du sommet, les chefs d'Etat de l'UE ont aussi voulu démontrer que l'Europe n'était pas obnubilée par ses problèmes institutionnels et qu'elle savait répondre aux problèmes concrets de ses citoyens, comme la flambée des .Cette question a été abordée dès le début des débats à huis clos des dirigeants jeudi soir.Mais vu leurs divergences notoires - par exemple entre Nicolas Sarkozy qui plaide pour un plafonnement de la TVA sur les carburants et Angela Merkel qui s'oppose à toute mesure fiscale - la Commission a seulement proposé de rassembler toutes les pistes évoquées dans un document. Et de les explorer avant de donner son avis, peut-être là encore d'ici octobre.Seule décision concrète: les dirigeants ont approuvé l'entrée l'an prochain dans la zone euro de la Slovaquie, qui en deviendra le 16ème pays membre.
Source: AFP
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