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SAINT-ETIENNE - Marcus Burghardt a effacé le souvenir cuisant de son premier Tour de France en s'offrant à Saint-Etienne la 18e étape de l'édition 2008.
En 2007, le sculptural coureur allemand avait été victime d'une chute spectaculaire en heurtant un labrador dans une étape alpestre.
Un an plus tard, à la sortie des Alpes, l'ancien vainqueur de Gand-Wevelgem n'est pas tombé sur un os : engagé dans une longue échappée avec l'Espagnol Carlos Barredo, il l'a déposé dans un sprint nerveux pour offrir à l'équipe Columbia sa cinquième victoire sur ce Tour après les quatre conquises par Mark Cavendish.
Les deux hommes ont franchi la ligne avec cinq minutes d'avance sur le Français Romain Feillu, troisième pour la troisième fois dans cette édition, et deux autres coureurs lancés en poursuite, Mikel Astarloza et Christophe Le Mevel.
Le peloton, avec en son sein Carlos Sastre, toujours maillot jaune après sa victoire à l'Alpe d'Huez la veille, a terminé à dix minutes du duo de tête.
Cette étape de sortie des Alpes était propice aux échappées, avec ses trois ascensions, dont la principale, la Côte de Montvieux, se situait à 25 kilomètres de l'arrivée.
Les déçus de ce Tour avaient ainsi une carte à jouer et c'est ce que s'est dit Carlos Barredo, en demi-teinte comme toute son équipe Quick Step. L'Espagnol profitait ainsi du col de Parménie, au kilomètre 70, pour se porter à l'attaque.
Il était rejoint quelques kilomètres plus tard par Marcus Burghardt, l'enragé du jour puisqu'il avait déjà participé à la première équipée de l'étape, rapidement matée.
Les deux hommes collaboraient à merveille jusqu'à la dernière grimpette, la côte des Sorbies, à dix kilomètres de l'arrivée, où l'Espagnol tentait à plusieurs reprises de surprendre son compagnon. En vain.
LE CALVAIRE DE CUNEGO
Ces dix derniers kilomètres tournaient au sprint sur piste où chacun tentait de surprendre l'autre jusqu'à ce que Burghardt ne porte l'estocade à cinquante mètres de l'arrivée, jugée au stade Geoffroy-Guichard.
Les trois hommes lancés aux trousses du duo, Romain Feillu, éphémère maillot jaune, Mikel Astarloza et Christophe Le Mevel, ne parvinrent pas à recoller à moins de trois minutes des hommes de tête.
Le peloton, émoussé par les Alpes, baguenauda pendant les 196,5 kilomètres de cette chevauchée à une dizaine de minutes, dans les roues des équipiers de Carlos Sastre à la CSC.
Pour l'un des favoris de ce Tour, voilà trois semaines au départ de Brest, le retour vers Paris tournait au cauchemar : l'Italien Damiano Cunego, 14e au classement général, était pris dans une chute après 20 km en compagnie de Philippe Gilbert.
L'ancien vainqueur du Giro, déjà tombé voilà quatre jours lors du passage du Tour dans son pays, dérivait à l'arrière, visage bandé, à plus de vingt minutes du gros des troupes.
En marge de la course, les douanes ont procédé au contrôle de deux véhicules de la caravane, dont celui conduit par Johnny Schleck, le père de maillot blanc Andy et de l'ancien maillot jaune Frank.
Les douaniers, qui recherchaient des produits dopants, n'en ont pas trouvé.
Edité par Patrick Vignal Source: Reuters
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