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Sarkozy: la création d'un Etat palestinien est une "priorité" pour la France
Publié le 24/06/2008 à 13:57:15 GMT

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé mardi à Bethléem que la création d'un Etat palestinien était une "priorité" pour la France et a réitéré son appel à l'arrêt de la colonisation juive.Nicolas Sarkozy a conclu mardi son voyage en Israël et en Cisjordanie par une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas, après avoir plaidé la veille devant le Parlement israélien pour la création d'un Etat palestinien."Je l'ai dit à nos amis Israéliens, on ne résoudra pas l'injustice faite au peuple juif en créant les conditions d'une injustice pour le peuple palestinien", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas.Le chef de l'Etat a été reçu par le président de l'Autorité palestinienne en milieu de journée à Bethléem (Cisjordanie), après un entretien à Jérusalem avec le chef de l'opposition israélienne Benjamin Netanyahu.Les deux hommes ont passé en revue une garde d'honneur avant d'entamer des entretiens."La sécurité d'Israel est non négociable pour la France, mais la création d'un Etat viable, démocratique, moderne pour les Palestiniens est une priorité pour la France", a ajouté Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse."La France demande le gel de la colonisation, y compris à Jérusalem-est", a poursuivi le chef d'Etat français.Il a répété que "la France est l'ami du peuple palestinien et nous mettrons au service de la création de votre Etat la même force et le même engagement mis au service de la sécurité d'Israël".Il a rendu un hommage appuyé à M. Abbas, qui est "pour la France un homme de paix, un interlocuteur en qui nous avons confiance". "C'est un homme que nous soutenons, c'est un homme aux côtés duquel la France se trouve".M. Sarkozy a aussi exclu toute négociation avec le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôlé la bande de Gaza depuis un an et qui est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne."La France discute avec les hommes et les femmes courageux qui font de la politique et non pas du terrorisme. La France discute avec les hommes de paix et non pas les poseurs de bombes", a-t-il dit."On ne discute pas avec les terroristes", a-t-il insisté.Nicolas Sarkozy doit ensuite visiter, avec son épouse Carla Bruni-Sarkozy, la basilique de la Nativité avant de regagner Paris. Lundi à plusieurs reprises, M. Sarkozy a rappelé qu'il était un "ami" d'Israël, tout en affirmant que la sécurité de l'Etat hébreu "ne sera véritablement assurée que lorsqu'à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable".Selon lui, "il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation" en Cisjordanie, alors que la poursuite de la colonisation, notamment à Jérusalem-est, constitue la principale entrave au processus de paix."Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme (...) il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats", a-t-il également affirmé. Il s'agit là plus d'une rupture dans le ton que dans le fond: les déclarations de M. Sarkozy, si elles ne marquent pas réellement de changement avec la politique de la France depuis plus d'un quinzaine d'années (le processus de paix à Madrid en 1991), ont néanmoins été reçues positivement par Israël, dont les liens avec Paris s'étaient distendus ces dernières années.Le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, le président Jacques Chirac, était perçu par Israël comme pro-arabe, une réputation encore alourdie par les incidents ayant émaillé sa visite à Jérusalem en octobre 1996.Rien de tel cette fois-ci. "L'ami authentique" d'Israël, comme on le qualifie dans le pays, qui se targue de son côté d'avoir su rétablir un climat de "confiance" entre la France et l'Etat hébreu, a, à plusieurs reprises, que ce soit devant la Knesset ou en entretiens avec le président Shimon Peres ou le Premier ministre Ehud Olmert, invité les Israéliens à tendre la main les premiers aux Palestiniens."Chers amis d'Israël, vous êtes forts, vous êtes plus forts que vous ne le croyez (...) et quand on est fort, on doit tendre la main. C'est toujours le plus fort qui tend la main le premier et c'est le plus faible qui refuse la main tendue", a-t-il insisté pendant le dîner d'Etat offert en son honneur lundi par M. Peres.M. Abbas a salué le discours de M. Sarkozy."Le président Sarkozy a réaffirmé la position constante de la France appelant à l'arrêt de la colonisation qui constitue le principal obstacle sur la voie de la paix et préconisant la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-est comme capitale", a déclaré son porte-parole Nabil Abou Roudeina."Le président français n'est pas entré dans les détails (...) mais sur les principes généraux il a été clair, alors qu'il parlait, qui plus est, devant la Knesset et en présence de tous les dirigeants israéliens", écrivait mardi le quotidien Al-Quds, principal journal palestinien.

Source: AFP
 
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