
Le président français Nicolas Sarkozy se rend en Irlande lundi pour "écouter et comprendre" pourquoi les électeurs irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne par référendum, a-t-il déclaré dans une interview au quotidien Irish Times parue samedi."J'ai besoin de comprendre le message que les Irlandais veulent faire passer en votant +non+ à un traité signé par les représentants de 27 pays", a-t-il indiqué selon la traduction anglaise de ses réponses à une série de questions écrites posées par le journal."J'étais l'un des premiers leaders européens à dire publiquement que la décision démocratique du peuple irlandais devait être respectée", a-t-il noté.M. Sarkozy a rejeté l'idée que les 26 autres membres de l'Union européenne puissent appliquer le traité de Lisbonne sans l'Irlande. "Je ne veux pas d'Europe à deux vitesses, cela ne peut qu'être une solution de dernière extrémité".La visite du président français en Irlande intervient dans un contexte tendu entre Paris et Dublin, après des propos de M. Sarkozy sur la nécessité de faire "revoter" les Irlandais, alors que les électeurs ont rejeté le traité par 53% des voix le mois dernier.Le leader du parti travailliste de centre-gauche, Eamon Gilmore, a décliné l'invitation à se rendre à une table ronde avec le président français, critiquant le format de la rencontre."Le temps alloué ne va pas permettre de s'attaquer vraiment aux problèmes. Selon toute probabilité une telle rencontre va être une répétition du débat sur le traité de Lisbonne. Ce débat est terminé et le référendum a déjà fourni un résultat", a-t-il relevé.Enda Kenny, chef du principal parti d'opposition, le Fine Gael, de centre-droit, pourrait également boycotter la rencontre selon des médias irlandais.Les deux chefs de parti, qui avaient fait campagne pour le traité, ont reçu "avec colère" l'offre d'une rencontre d'une heure à l'ambassade de France à Dublin, notamment parce qu'ils auraient le même statut que des opposants au traité non élus, selon le journal.Pendant sa visite d'un jour, M. Sarkozy aura également des discussions avec le Premier ministre irlandais Brian Cowen.Dans son interview à l'Irish Times, le président français a souligné qu'une décision sur le sort du traité devait être trouvée avant les élections qui doivent renouveler le parlement européen l'an prochain.Commentant le rejet du traité par les électeurs irlandais, il s'est dit "convaincu que ce n'est pas simplement parce qu'ils veulent garder le traité de Nice"."Je pense qu'ils veulent en fait exprimer leurs inquiétudes et leurs critiques sur la façon dont l'Europe fonctionne. Nous devons trouver les bonnes façons de répondre à ces inquiétudes et ces critiques", a-t-il relevé.Outre l'Irlande, les parlements tchèques, suédois et italiens doivent encore ratifier le texte que le président polonais Lech Kaczynski n'a pour sa part pas encore signé.
Source: AFP
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