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Sans pouvoir dépasser la barre de 1 % de son PIB, le Maroc a fourni des efforts pour la promotion de la RD
Publié le 13/03/2008 à 13:20:45 GMT

Sans pouvoir dépasser la barre de 1 pc de son PIB, le Maroc a consenti des efforts non négligeables pour la promotion du secteur Recherche-développement (R-D), levier majeur d'un développement socio-économique et véritable clé du succès d'une innovation et d'une croissance performantes, selon des chercheurs marocains.

"Le Maroc a fait des efforts pour se frayer une place de choix dans la compétition scientifique et technologique, en témoignent la loi de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) qui prévoit une contribution, provenant des revenus des opérateurs, dédiée à la recherche et à la formation, les différents programmes nationaux prioritaires mis en place à cet effet et les initiatives, même timides, du secteur privé", a indiqué à la MAP, M. Mohamed Timoulali, conseiller régional en politique des TIC à la Commission économique pour l'Afrique (CEA).

Il a, à cet égard, rappelé que depuis 1998 plusieurs programmes d'appui à la recherche scientifique ont été mis en place. Il s'agit, entre autres, du programme PARS (Programme d'Appui à la Recherche Scientifique), qui a permis de financier 230 projets et les programmes Thématiques d'Appui à la Recherche Scientifique PROTARS qui visent à promouvoir la recherche appliquée et pluridisciplinaire, à renforcer les bases scientifiques et techniques de la recherche universitaire et à accroître la compétitivité de l'entreprise marocaine.

"Il y a des efforts, mais beaucoup reste à faire dans ce domaine", a-t-il insisté.

Selon lui, la performance du système national de recherche dépend largement de l'importance des moyens matériels et financiers accordés à cette recherche et de leur utilisation. Plus ces moyens sont importants et utilisés d'une manière rationnelle et planifiée, plus le système de la recherche est efficace et générateur de retombées économiques et sociales, a-t-il dit en marge de la conférence "Partenariat scientifique avec l'Afrique", tenue du 3 au 6 mars à Addis-Abeba, avec la participation de plus de 500 scientifiques africains et internationaux, des décideurs, des ONG, ainsi que des partenaires au développement.

M. Timoulali a mis l'accent sur la collaboration étroite entre la Division des TIC de la CEA et le Maroc dans le domaine des technologies de l'information et de la communication ainsi que la coopération avec l'Université Al Akhawayn dans le même créneau.

Concernant les conclusions de la conférence africaine sur la Science, M. Timoulali a souligné que celles-ci seront examinées profondément lors d'une réunion sous-régionale (Afrique du Nord + Egypte), qui sera organisée en mai/juin prochains à Rabat, par le bureau régional de la CEA au Maroc.

Il a émis le voeu que ce genre de conférences "va pousser le gouvernement marocain à adopter une stratégie et une politique nationale qui fait de la R-D un pilier à part entière dans le processus de développement socio-économique au niveau national".

M. Timoulali, qui a salué la présence de l'université Al Akhawayn, a déploré l'absence des autres acteurs marocains lors de la conférence d'Addis-Abeba, qui a regroupé des décideurs, des ministres, des ONG, le secteur privé et des partenaires au développement, affirmant que le Royaume a "une place prépondérante dans les domaines du réseautage, du networking et d'apport d'expérience".

"Nous espérons que dans les prochaines réunions, les responsables feront le nécessaire pour être présents dans pareils forums. L'absence du Maroc est toujours remarquée", a encore souligné M. Timoulali, ingénieur topographe et docteur en informatique de l'université de Lyon I et INSA.

Même son de cloche chez Fouad Berrada, professeur habilité et chercheur à l'université Al Akhawayn, qui a souligné que malgré les efforts déployés par le Maroc en matière de R-D, la part du PIB consacrée à ce secteur (0,79 pc) demeure insuffisante pour "avancer et attraper le train en marche".

Ceci dit que le financement de la recherche scientifique provient à 92 pc du budget de l'Etat, 6 pc du secteur privé et 2 pc de la coopération. Ces chiffres laissent découvrir l'apport "insignifiant" du secteur privé, a-t-il fait observer, appelant les opérateurs et acteurs économiques à investir davantage dans le secteur R-D et à consacrer une part significative à la recherche scientifique et à la formation, vecteur incontournable de croissance et de progrès.

La conférence sur "partenariat scientifique avec l'Afrique" a recommandé un minimum de 1 pc du PIB pour les pays africains en vue de développer ce secteur, a-t-il souligné, exhortant les décideurs à accorder plus de moyens aux chercheurs et à la diaspora marocaine des chercheurs pour s'impliquer dans ce chantier en définissant et proposant les domaines porteurs en matière de formation et de recherche.

Au niveau de l'université Al Akhawayn, il existe des structures en place qui permettent de faire un démarrage de nombreux projets à travers l'encouragement des professeurs-chercheurs à soumettre des projets qui sont revus par les paires. Au cas où ces projets seraient prometteurs, l'université leur accorde un "fonds de démarrage" pour les faire aboutir.

L'université Al Akhawayn, en collaboration avec les Universités de Fès et de Meknès, a mis au point un programme visant à développer plusieurs disciplines tels que la nanotechnologie, la biotechnologie, l'environnement et les TIC.

Ce programme sera opérationnel dans les prochains mois, a fait savoir M. Berrada, diplômé des universités de Bruxelles et de Canada.

L'entrée du Maroc dans la société du savoir et des connaissances est un enjeu crucial qui requiert l'impératif de relever le niveau de productivité des investissements en matière de recherche et développement, a-t-il insisté.

Source: MAP
 
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