
Les chefs de la diplomatie européenne se sont montrés prudents lundi quant à la relance par l'UE des négociations avec la Russie sur un accord de partenariat stratégique, gelées depuis le 1er septembre, soulignant qu'une décision pourrait n'être prise qu'en novembre."Nous avions reporté" ces négociations lors du sommet européen extraordinaire sur la Géorgie le 1er septembre, convoqué après la reconnaissance par la Russie de l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du sud, a rappelé M. Kouchner, dont le pays préside l'UE. "On va en reparler aujourd'hui", a-t-il simplement ajouté.L'UE avait "reporté" le 1er septembre les négociations à peine entamées avec Moscou sur un nouvel accord stratégique UE-Russie. Elle avait indiqué qu'elle les reprendrait dès que les troupes russes seraient revenues à leurs positions d'avant le conflit géorgien.M. Kouchner a répété ce qu'il avait annoncé depuis la Géorgie vendredi, à savoir que les Russes s'étaient effectivement retirés des zones adjacentes à l'Abkhazie et l'Ossétie du sud, comme prévu par les accords passés entre les présidents français et russe Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev le 8 septembre à Moscou."Les Russes se sont retirés: au-delà de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie, il n'y a plus de soldats russes en Géorgie", a-t-il souligné.Mais "il y a des problèmes qui demeurent", "ce n'est pas une histoire qui se règle en deux minutes", a-t-il reconnu, en référence aux discussions sur l'avenir de la région qui s'ouvriront mercredi à Genève.Les diplomates français ne cachent pas qu'ils sont pour la reprise de ces négociations, rappelant que les Européens en attendent que la Russie respecte des "engagements contraignants", notamment dans le domaine énergétique.Le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires étrangères Günter Gloser a indiqué lundi à Luxembourg que Berlin pensait de même."On peut se demander si (l'UE) se rendrait service en bloquant les relations" et en ne reprenant pas les négociations, a-t-il indiqué.Mais les pays Baltes, la Pologne et la Suède sont plus partagés.Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a ainsi rappelé à Luxembourg que les dirigeants européens, le 1er septembre, avaient gelé les négociations jusqu'à ce que les troupes russes soient revenues à leurs positions d'avant le 7 août."Elles se sont retirées principalement des zones tampons, mais il y a des zones qu'elles occupent maintenant, où elles n'étaient pas le 7 août", a-t-il souligné.Dans ces conditions, l'UE, dont les dirigeants se retrouvent mercredi et jeudi en sommet à Bruxelles, pourrait attendre le mois prochain, selon les ministres italien et finlandais, Franco Frattini et Alexander Stubb, tous deux favorables à la reprise des négociations."Nous devons avancer lentement", a déclaré M. Stubb. "Nous devons avoir une discussion ensemble sur les conditions, mais de manière réaliste, je pense qu'on va prendre une décision juste avant le sommet" UE-Russie du 14 novembre à Nice (France), a-t-il ajouté.
Source: AFP
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