
Flamands et francophones entament mercredi d'ardues négociations sur une réforme du système fédéral belge, un bras-de-fer dont dépend la survie de la Belgique et qui pourrait traîner en longueur alors que les Belges se préoccupent surtout des déconvenues des banques du royaume.Six ministres régionaux flamands, emmenés par le chef du gouvernement régional de la Flandre (nord), Kris Peeters, ont rendez-vous à 11H00 (09H00 GMT) au Palais des Académies, à deux pas du Palais royal de Bruxelles, avec six délégués désignés par les principaux partis francophones.Au menu de cette première réunion: le lancement des discussions sur la réforme de l'Etat réclamée par la Flandre et que les francophones se sont finalement résolus à négocier après plus de 15 mois de crise politique.En septembre, le Premier ministre Yves Leterme et le roi Albert II ont fini par reconnaître qu'un accord au sein du gouvernement n'était à ce stade pas envisageable.En guise d'ultime recours, les discussions ont donc été confiées aux deux grandes communautés, flamandes et francophones, qui devront tenter de trouver entre elles des solutions d'ici aux élections régionales de juin 2009.Un objectif qui reste incertain tant les deux camps maintiennent des positions divergentes, selon les politologues.Plusieurs événements viennent cependant de changer la donne et permettent d'espérer une issue positive.Tout d'abord, le petit parti nationaliste flamand NVA, partisan de l'indépendance de la Flandre, a rompu l'alliance qu'il formait avec les chrétiens-démocrates (CD&V) d'Yves Leterme.Le CD&V a donc accepté ce qu'il refusait jusque-là: se lancer dans une négociation au départ d'une "page blanche", sans exiger à l'avance de "garanties de résultat" de la part des francophones.De plus, la crise financière mondiale, qui a touché la Belgique de plein fouet, a révélé un Premier ministre véritablement au gouvernail, passant des nuits blanches à négocier le sauvetage de deux grandes banques, Fortis et Dexia.Les soubresauts économiques et le départ de la NVA n'ont cependant pas détourné M. Leterme de sa volonté d'engranger une réforme des institutions qu'il juge toujours "vitale comme le pain".La volonté des deux communautés de construire une "nouvelle Belgique" aura probablement pour étalon le dossier des droits politiques des quelque 120.000 francophones de la périphérie flamande de Bruxelles.Les partis francophones exigent que le maintien de ces droits, remis en cause par la Flandre, fasse partie d'un éventuel accord global sur la réforme de l'Etat, alors que pour les partis flamands, il n'est pas question d'en discuter.Depuis les élections de juin 2007, les partis de la Flandre n'ont cessé d'appeler au transfert de nouvelles compétences aux "entités fédérées" du très complexe système belge, à savoir les régions (Wallonie, Flandre et Bruxelles) et les Communautés (française, flamande et germanophone).La Flandre veut notamment disposer des leviers de commande pour faire face au vieillissement de sa population, aux tensions sur le marché de l'emploi ou encore à la concurrence des pays émergents, des dossiers qu'elle pense pouvoir mieux gérer que les autorités fédérales.Les francophones (40% des 10 millions de Belges) craignent que ces changements finissent par rompre la solidarité nationale et empêchent la Wallonie et Bruxelles de rattraper leur retard de développement sur la Flandre.Ces divergences ont plongé la Belgique dans l'une des plus graves crises de son histoire, au point qu'une scission du royaume, sujet autrefois tabou, est désormais considérée comme possible, sinon plausible.
Source: AFP
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