
Les candidats républicain et démocrate à la Maison Blanche s'opposent sur presque tout en matière de politique économique, principale préoccupation des Américains, et alors qu'une grave crise financière secoue le pays, ils seront sans doute jugés sur ce thème le 4 novembre.Le candidat républicain John McCain a affirmé lundi que les éléments fondamentaux de l'économie américaines demeuraient "solides". Répondant aux critiques, il a précisé mardi que, selon lui, les éléments fondamentaux de l'économie étaient "les travailleurs américains".Le candidat démocrate Barack Obama juge la situation "grave" et impute la crise financière aux huit années de gouvernement Bush. Il a prédit que les Américains en connaîtraient quatre équivalentes si le sénateur de l'Arizona était élu président.En désaccord sur le constat, les deux candidats divergent également sur les solutions. M. Obama plaide pour une plus large intervention de l'Etat, M. McCain a fait de la baisse des impôts l'axe de sa politique économique.John McCain, dans la droite ligne du président George W. Bush, souhaite diminuer le taux sur les bénéfices des sociétés de 35% à 25% et rendre permanentes les réductions d'impôts accordées à ceux qui gagnent plus de 250.000 dollars par an. Il veut réduire les droits de succession.M. Obama veut au contraire annuler les réductions d'impôts accordées à ceux qui touchent plus de 250.000 dollars par an. Il souhaite porter l'impôt sur les revenus du capital de 15% à 25% ou 28% et taxer plus lourdement les plus-values boursières. Il a parlé de supprimer les réductions d'impôts pour les sociétés qui délocalisent.En revanche, il est favorable aux réductions d'impôts pour les foyers gagnant moins de 200.000 dollars par an, soit 94% des ménages américains. Le sénateur de l'Illinois propose en outre un crédit d'impôt annuel de 500 dollars par personne (1.000 dollars pour les couples mariés). Les personnes âgées qui perçoivent moins de 50.000 dollars par an ne paieraient plus d'impôt sur le revenu.Afin de résorber un déficit public qui risque d'excéder les 490 milliards de dollars en 2009, M. McCain promet de faire la chasse aux dépenses fédérales d'intérêt local et propose un gel pour un an des dépenses fédérales non militaires.Barack Obama souhaite quant à lui consacrer au total plus de 200 milliards de dollars à un plan de relance fédérale, notamment pour les infrastructures et la recherche.Lors des primaires, M. Obama a affirmé vouloir renégocier certains accords internationaux, comme celui signé avec le Canada et le Mexique (Alena), afin de protéger davantage les salariés américains et d'obtenir de meilleures clauses sur l'environnement. John McCain au contraire plaide en faveur d'un élargissement des accords de libre-échange à tous les pays à l'exception de ceux qui soutiennent le terrorisme.Le sénateur de l'Illinois estime que la stabilisation du marché de l'immobilier, au centre de la crise du crédit, est une priorité. Il souhaite accorder un crédit d'impôt couvrant 10% des intérêts annuels d'hypothèque aux propriétaires en difficulté. Il entend créer un fonds de 10 milliards de dollars, en partie financée par des pénalités sur les prêteurs "irresponsables", pour éviter les saisies immobilières et un autre fonds de 10 milliards de dollars pour aider les Etats et les régions touchés par la crise immobilière. Il souhaite créer un nouveau programme fédéral de logement pour transformer les prêts hypothécaires à risque "subprimes" en prêts à taux fixe sur 30 ans.De son côté, M. McCain entend travailler avec un réseau d'agences de régulation et leur donner des pouvoirs étendus pour garantir la transparence des marchés financiers et du système de prêt.
Source: AFP
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