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Casablanca, 09 mai - Relativement récente au Maroc, la presse gratuite affiche d'ores et déjà de l'assurance et l'ambition de conquérir un lectorat conséquent et surtout séduire les annonceurs. Et pour cause, sa survie et son existence même en dépendent. Mais il n'en reste pas moins que les lecteurs ont aussi leur mot à dire dans la détermination du succès des journaux gratuits et de leur côte auprès des annonceurs. Comme c'est le cas notamment en France où le quotidien gratuit ""20 minutes'' est lu par 2,2 millions de personnes, juste derrière l'Equipe et où encore, selon une étude menée par Ifop, sur 427 personnes, 90 pc sont des lecteurs de journaux gratuits.
C'est d'ailleurs ce qui a fait dire à Kamal Lahlou, Président de la toute nouvelle Fédération Marocaine des Médias (FMM) qu'il serait aujourd'hui précipité et aléatoire de se prononcer sur le vrai potentiel de cette presse gratuite en l'absence d'une étude sérieuse sur sa réelle couverture et son écho auprès des lecteurs et des annonceurs.
Mais il n'en reste pas moins que les promoteurs de cette presse se disent optimistes quant à son essor futur au Maroc comme l'est Brahim Sedrati, Directeur Général de Devocean, société éditrice du quotidien ""Au Fait'', le premier et seul quotidien d'information générale diffusé gratuitement depuis le 1er mars 2007. Les autres titres sont des hebdomadaires et des mensuels, ""Madinati'', ""Plurielle'', ""Sport Hebdo'' tous les trois édités par le groupe Géomedia et le très récent mensuel gratuit ""Femina Mag'' édité par Maroc soir) ainsi que des hebdomadaires gratuits d'annonces.
Tiré à 25.000 exemplaires, il est diffusé grâce à une équipe de distribution intégrée, sur Tanger, Fès, Rabat, Casablanca et Marrakech, ainsi que d'autres villes lors de manifestations culturelles ou sociales importantes comme lors du Festival de Musique Gnaoua à Essaouira Chaque jour, ce sont plus de 60 personnes qui s'affairent à distribuer ce média gratuit aux lecteurs. Une distribution par colporteurs est assurée dans les quartiers d'affaires et les zones à forte affluence. Le journal, indique Brahim Sedrati dans un entretien accordé à la Map, est également diffusé à travers un réseau de cafés, restaurants, hôtels, et entreprises et s'exporte même à l'étranger.
Pour ce jeune directeur (31 ans) titulaire d'un Bachelor en commerce de l'Université de HEC à Montréal, ""l'idée d'importer le concept de quotidien gratuit au Maroc a très vite pris forme, d'autant plus que c'est une niche encore quasi-inexploitée dans notre pays'', ajoutant que la presse quotidienne gratuite a déjà conquis la quasi-totalité des grandes métropoles européennes, américaines et asiatiques.
Sur la ligne éditoriale de son journal, Brahim Sedrati indique qu'elle peut être résumée à un ""geste citoyen, une ligne vivante et soucieuse de l'avenir avec le pari d'offrir à ses lecteurs, de manière responsable, une information sans obligations, directe, fiable et utile'', faisant remarquer que son journal n'est affilié, à ce jour, ni au Syndicat National de la Presse Marocaine, ni à aucune des deux fédérations existantes, en l'occurrence, la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux et la Fédération Marocaine des Médias. Car, pour lui, il s'agit avant tout de crédibiliser ce support médiatique avant d'envisager toute forme d'affiliation.
Et sur le registre de la crédibilité, les journaux gratuits ont encore du chemin à faire pour qu'au final, ils puissent s'imposer aux lecteurs et aux annonceurs. Car au niveau de la qualité d'impression, la plupart des journaux gratuits n'ont pratiquement rien à envier à la majorité des publications payantes.
Pour donc relever ce challenge, les journaux gratuits sont notamment appelés à mieux cibler leur lectorat, essentiellement parmi les jeunes, à mieux cibler les lieux stratégiques et moments opportuns pour placer leurs colporteurs et présentoirs, à diversifier et investir dans des thématiques nouvelles et d'actualité et aussi à élargir leur couverture géographique tout en augmentant leur pagination. Seul gage pour avoir bonne presse auprès des lecteurs et convaincre ensuite les annonceurs. Source:
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