
Le député du Doubs Pierre Moscovici, qui brigue la succession de François Hollande à la tête du PS, s'est employé dimanche à installer sa candidature à trois mois du congrès de Reims, lors de la Fête de la Rose départementale à Frangy-en-Bresse.Pour ce qui est traditionnellement la première rentrée publique chez les socialistes, l'ancien ministre des Affaires européennes était l'invité du député bressan Arnaud Montebourg, avec lequel il fait équipe pour le congrès.Le président du Conseil général de Saône-et-Loire entendait ainsi mettre en piste son allié en vue du congrès, à quelques jours du rendez-vous annuel de tous les socialistes pour leur université d'été à La Rochelle. "Frangy t'ouvre ses bras", a-t-il lancé à la tribune devant 600 militants.Incarnation d'une ligne politique - "un socialisme moderne dans la mondialisation" - assez proche du premier secrétaire actuel, Pierre Moscovici est apparu une nouvelle fois très déterminé à faire aboutir sa candidature de leader du PS.Il a prôné "le refus de la présidentialisation du parti", estimant que confier dès maintenant les clés du PS à Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, voire Martine Aubry, ne ferait qu'ouvrir une nouvelle guerre entre présidentiables.Il entend être au contraire "un premier secrétaire désintéressé", qui renoncerait à la bataille pour l'investiture en 2012.Le député du Doubs, responsable des questions internationales du parti, veut quant à lui "remettre le PS au travail" autour de la refonte de son projet politique, mettant en garde contre "l'immobilisme".Il défend aussi "un changement d'équipe" à la tête du PS, après la décennie Hollande, avec une direction "resserrée".Il s'est ainsi rapproché de "grands élus" comme les modérés Gérard Collomb, maire de Lyon, et Jean-Noël Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône.Il a aussi signé fin juillet une "déclaration commune" avec Martine Aubry - une étape vers une même motion au congrès - qui a laissé provisoirement de côté le nom du chef de file.M. Moscovici souhaite aller au-delà de ce premier rassemblement, et réunir "une majorité clairement réformiste" pouvant inclure Bertrand Delanoë, François Hollande et Laurent Fabius.Mais pour y parvenir, l'ancien ministre devra d'abord regrouper les strauss-kahniens, sa famille d'origine. Or, une petite partie d'entre eux - comme le maire de Grenoble Michel Destot - soutient Bertrand Delanoë. D'autres soutiennent la candidature de Mme Aubry.La maire de Lille a été invitée cet été à séjourner à Marrakech (Maroc) chez Dominique Strauss-Kahn - aujourd'hui patron du FMI et donc à l'écart de la vie politique française - qui lui aurait apporté son appui aux dépens de M. Moscovici. "Cela s'est très, très bien passé", rapporte François Lamy, "lieutenant" de Mme Aubry. "Dominique a dit à Martine: tu as toute ma confiance", assure de son côté le fabiusien Claude Bartolone.Les fabiusiens, engagés depuis l'automne dernier dans un rapprochement avec les strauss-kahniens, Arnaud Montebourg et Martine Aubry, ne jurent en effet que par la candidature de celle-ci comme premier secrétaire, jugeant M. Moscovici "droitier".
Source: AFP
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