
L'ancien Premier ministre PS Pierre Mauroy a été mis en examen vendredi pour "détournement de fonds publics" quand il était président de la communauté urbaine de Lille, à propos d'un emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal, a-t-on appris par son avocat Me Jacky Durand.Le délit visé par cette mise en examen, décidée par un juge d'instruction de Lille à l'issue d'une audition de près de sept heures de M. Mauroy, 79 ans, est passible de 3 ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende. Le sénateur du Nord n'est soumis à aucune mesure de contrôle judiciaire."Il est complètement effondré, très affecté", a précisé l'avocat, alors que l'ex-Premier ministre a affirmé dans un communiqué que "ce reproche n'est pas fondé" et qu'il était "confiant dans la suite de la procédure".Selon une source proche du dossier, les sommes concernées se monteraient au total à quelque 19.000 euros représentant un salaire versé à Mme Cohen-Solal, actuelle adjointe au maire de Paris, pour un emploi d'attachée de presse de la communauté urbaine, pendant dix mois en 1992.La mise en examen est une conséquence de la décision il y a un an de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens d'ouvrir une nouvelle information judiciaire pour cette affaire, issue d'une plainte en juin 2000 d'Eric Darques, ancien élu local de la ville de Lambersart, dans l'agglomération lilloise.Ce dernier faisait valoir qu'en même temps que le poste d'attachée de presse de M. Mauroy, Mme Cohen-Solal occupait celui de rédactrice en chef de l'hebdomadaire du PS "Vendredi", à Paris.La mise en examen a été également rendue possible par un arrêt de la Cour de cassation du 8 février 2006, qui avait jugé les faits non prescrits, contrairement à une ordonnance d'un juge d'instruction de Lille du 3 août 2004 et à un arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai le 10 décembre 2004.La Cour de cassation avait notamment estimé que, plus que la date des faits eux-mêmes, c'était la date auxquels ils avaient pu être constatés qui devait être retenue.Dans son communiqué Pierre Mauroy a justifié le salaire accordé par la communauté urbaine à Mme Cohen-Solal en soulignant qu'elle avait alors "parfaitement rempli sa mission" de promotion de la métropole lilloise."Les résultats obtenus depuis prouvent à l'évidence que tous les efforts conduits l'ont été à juste titre, ce qui signifie que la faible rémunération versée à Lyne Cohen-Solal n'était pas usurpée".M. Mauroy a souligné que cette affaire n'a été déclenchée qu'en l'an 2000, "à un moment où Lyne Cohen-Solal était engagée dans un combat politique très médiatisé contre le maire de Paris d'alors, Jean Tiberi. Je pense que cette coïncidence n'est pas fortuite", a-t-il poursuivi.M. Mauroy n'a plus de mandats locaux, depuis qu'il a laissé en avril la présidence de la communauté urbaine de Lille après 19 ans d'exercice, à l'issue des dernières élections municipales. Il a aussi occupé le fauteuil de maire de Lille pendant 28 ans.Le juge d'instruction lillois devrait entendre mardi l'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à la communauté urbaine, Bernard Masset, soupçonné de "complicité" et mercredi Mme Cohen-Solal, pour "recel".
Source: AFP
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