
Au moins 32 personnes ont été tuées vendredi dans le nord-ouest du Pakistan par un attentat suicide contre une réunion de miliciens tribaux hostiles aux talibans proches d'Al-Qaïda, ont annoncé des responsables.L'attentat a eu lieu alors que plus de 2.000 miliciens anti-talibans tenaient une jirga - réunion tribale - en plein air dans la ville de Ghaljo, située dans le district tribal d'Orakzai, un territoire montagneux qui est la seule des sept zones tribales pakistanaises à ne pas être frontalière de l'Afghanistan."Le bilan des morts dans l'attentat contre la jirga a atteint au moins 32 morts", a déclaré un responsable de l'administration locale, Afzal Khan. Plusieurs dizaines de personnes ont été blessées.Selon un responsable d'un service de sécurité, la réunion visait à organiser la lutte contre les rebelles talibans qui mènent depuis des mois une campagne très meurtrière d'attentats suicide au Pakistan.L'armée, qui a lancé début août une vaste offensive contre ces talibans dans un des districts tribaux, le Bajaur, a rallié à sa cause un certain nombre de tribus qui ont constitué des milices pour épauler les militaires."Un kamikaze a conduit un véhicule chargé d'explosifs dans la foule et a déclenché l'explosion. C'était une panique totale", a déclaré le responsable sous couvert de l'anonymat.L'attentat a été perpétré au lendemain de la destruction par des milices tribales de deux repaires de combattants fondamentalistes dans le district d'Orakzai, a précisé un autre responsable à l'AFP."Il est possible que cet attentat soit une vengeance", a-t-il déclaré.Il survient au plus fort d'une vague sans précédent d'attentats suicide perpétrés essentiellement par les talibans pakistanais, réputés proches d'Al-Qaïda, et qui a fait au moins 1.300 morts en un peu plus d'un an.Jeudi, des talibans ont enlevé et décapité quatre chefs tribaux dans le district de Bajaur, alors qu'ils venaient d'assister à un autre rassemblement de milices hostiles aux militants radicaux, selon les mêmes sources.Jeudi également, quatre attentats avaient été perpétrés au Pakistan. L'un, qui a détruit un bâtiment du plus grand complexe de la police à Islamabad, n'a miraculeusement fait que sept blessés. Un autre, le plus violent, a tué dix personnes, dont trois écoliers, dans l'explosion d'une bombe artisanale dans le district du Haut Dir (nord-ouest), proche de la vallée de Swat.L'armée pakistanaise a également lancé dans cette vallée une vaste offensive, sous les pressions intenses de Washington, dont le Pakistan est l'allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme".L'armée américaine, qui combat l'insurrection de plus en plus violente des talibans dans l'Afghanistan voisin, tire d'ailleurs quasi-quotidiennement des missiles sur les zones tribales pakistanaises, visant des combattants étrangers d'Al-Qaïda et leurs hôtes, les talibans pakistanais.Selon des officiers pakistanais, des commandants importants d'Al-Qaïda ont échappé de justesse jeudi soir à deux missiles américains qui ont tué neuf personnes dans un village du district tribal du Waziristan du Nord, un bastion du réseau d'Oussama Ben Laden.
Source: AFP
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