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Oxford Business Group: le durcissement de la politique monétaire du Maroc, 'un pas dans la bonne direction'
Publié le 07/10/2008 à 14:00:18 GMT

Le cabinet d'intelligence économique britannique de l'Oxford Business Group (OBG) a salué mardi les mesures prises par les autorités monétaires marocaines visant le durcissement de la politique monétaire du pays, qualifiant ces mesures de "pas dans la bonne direction".

Le groupe rappelle, dans une analyse parvenue à MAP-Londres, la récente décision de Bank Al Maghrib de relever son taux d'intérêt directeur de 25 points de base à 3,5 pc, jugeant que l'impact de la hausse de l'inflation sur la croissance économique était plus préoccupant que les effets de l'actuelle crise financière internationale.

L'inflation en glissement annuel s'est établie à 4,8 pc en août dernier, marquant un recul par rapport au pic de 5,1 pc atteint au mois de juillet, mais elle s'est légèrement accélérée par rapport au mois de juin qui affichait un taux de 4,7 pc, indique le groupe, ajoutant que l'inflation sous-jacente, que Bank Al Maghrib suit de très près, s'est accélérée, quant à elle, au cours du mois d'août, atteignant 4,4 pc contre 4 pc en mars.

La décision de Bank Al-Maghrib d'augmenter ses taux a été prise à la lumière des risques de progression du taux d'inflation, qui devrait dépasser l'objectif annuel de 2,3 pc que le gouvernement s'était fixé, explique l'OBG, soulignant que la maîtrise de la hausse des prix est un objectif phare de la politique gouvernementale -qui prévoit un taux annuel de 2,5 pc l'année prochaine, de 2,3 pc en 2010 et de 2,1 pc en 2011.

La même source rappelle, dans ce contexte, la décision du gouvernement de doubler le montant des subventions à hauteur de 3,9 milliards de dollars au cours de l'année écoulée pour tenter de juguler le renchérissement du prix des denrées alimentaires et du pétrole.

Revenant sur la crise financière qui secoue l'Europe, le groupe britannique indique que la croissance du marché européen, principal marché à l'export pour le Maroc, devrait ralentir au cours des deux prochaines années.

La même source rappelle, dans ce sens, que le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance du PIB espagnol de 1,8 pc en 2008 et de 1,7 pc en 2009, soulignant qu'au regard des difficultés que traverse le marché du logement espagnol, ces prévisions pourraient même s'avérer optimistes.

Et de souligner que le Maroc a, de son coté, connu une croissance de 2,2 pc l'année dernière malgré la conjoncture défavorable, ce qui, en principe, justifierait pleinement un gel des taux d'intérêt.

"Néanmoins, Bank Al Maghrib ne baisse pas la garde face à l'inflation", insiste l'OBG, notant qu'en l'absence d'une hausse des taux, le Conseil de la banque centrale craint l'émergence d'une spirale inflationniste qui pourrait affecter les perspectives de croissance à long terme.

"Le Conseil considère qu'il est essentiel de prévenir les effets de second tour d'inflation en limitant les risques sur la stabilité des prix à moyen terme, afin de préserver le pouvoir d'achat et de maintenir les conditions nécessaires à une croissance viable", a indiqué la banque centrale dans un communiqué, cité par l'OBG.

M. Adbdellatif Jouahri, Wali Bank Al Maghrib, avait donné un avant goût du diagnostic de l'institution jugeant que l'inflation présentait un plus grand risque pour l'économie que la crise financière globale, poursuit le groupe, citant le responsable qui avait déclaré lors d'une récente conférence de presse que "pour le moment, c'est l'inflation qui reste préoccupante, car malgré les contrôles, l'inflation est importée...Nous ne sommes pas touchés par la crise internationale car nous n'avons pas de subprimes dans nos banques. Nous ne sommes pas concernés par la crise immobilière et nos banques ne portent pas ce genre d'actifs".

Si les effets de la crise immobilière et du resserrement du crédit n'ont pas fini de contaminer l'économie mondiale, M. Jouahri a certainement eu raison de citer le renchérissement des prix comme préoccupation majeure, souligne l'OBG, notant que comme l'indiquent les chiffres publiés par la banque centrale et le gouvernement marocains, la croissance devrait atteindre 6,8 pc cette année -ce qui est loin d'être une situation de crise.

Si l'on observe des signes de refroidissement des pressions inflationnistes, sous l'effet d'une baisse des prix du pétrole autour de 105 dollars le baril et d'une meilleure campagne agricole permettant de garantir des prix modérés, Bank Al Maghrib a indiqué qu'elle resterait "vigilante quant à l'évolution des risques inflationnistes au cours des prochains mois", a dit le groupe avant de conclure que "la prudence et le durcissement de la politique monétaire du Maroc représentent un pas dans la bonne direction".

Source: MAP
 
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