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Non irlandais: la France et la Commission européenne s'accusent mutuellement
Publié le 20/06/2008 à 16:01:15 GMT

La France et la Commission européenne s'accusent mutuellement d'avoir favorisé la victoire du "non" au traité de Lisbonne en Irlande, contribuant à alourdir l'ambiance du sommet européen, à la veille du début de la présidence française de l'UE le 1er juillet.Tard jeudi soir, Nicolas Sarkozy, interrogé sur le rôle du président de la Commission européenne dans le rejet du traité par l'Irlande, a d'abord assuré avoir "toujours pensé que (José Manuel Barroso) était un excellent président".Mais il a ensuite décoché une série de flèches à l'encontre du très libéral commissaire européen au Commerce, le Britannique Peter Mandelson - habitué aux critiques de Paris - qu'il a accusé d'avoir alimenté le non irlandais."La question de l'OMC a été une question clairement évoquée dans le débat irlandais", a affirmé le président français lors d'un point presse, en marge du sommet européen de Bruxelles.Il a ajouté que Peter Mandelson était "le seul" à penser qu'il fallait continuer à négocier un accord alors que "nous n'avons obtenu rien sur les services, rien sur l'industrie (...) et qui conduirait à une baisse de 20% de la production agricole, dans un monde où il y a 800 millions de personnes qui meurent"."Si on veut accroître la crise irlandaise, il n'y a qu'à en remettre une couche là-dessus et continuer sur un accord complètement déséquilibré à l'OMC", a ajouté le Français.Un haut responsable de la Commission européenne lui a vertement répliqué vendredi matin que "les ministres français des Finances et des Affaires étrangères avaient aussi eu des remarques très négatives".Il renvoyait à des déclarations de Christine Lagarde et Bernard Kouchner, abondamment reprises et dénoncées par les journaux irlandais pendant la campagne.Mme Lagarde avait indiqué an avril que la France voulait "pousser" l'harmonisation fiscale européenne, alors que les Irlandais sont très attachés à leur système - et notamment à leur taux réduit d'imposition sur les sociétés qui a contribué au boom économique de l'île.Quant à M. Kouchner, juste avant le référendum, il avait estimé que les Irlandais seraient "les premières victimes" s'ils rejetaient le traité puisqu'ils avaient "profité de l'Europe plus que les autres".Cet échange d'amabilités, alimenté par les divergences entre Bruxelles et Paris sur les façons de répondre à l'envolée des prix du pétrole, vient détériorer une ambiance déjà tendue par les débats difficiles qu'ont eus les 27 lors de ce sommet, pourtant censé montrer leur capacité à rebondir après le "non" irlandais.Alors qu'ils voulaient se montrer déterminés à poursuivre la ratification du texte afin de sauver le traité, la République tchèque, qui fait face à des partis très eurosceptiques, a refusé toute phrase trop engageante.Interrogé sur la BBC, le chef de la diplomatie britannique David Miliband a estimé que ce n'était pas "très juste" de s'attaquer à Peter Mandelson, et a mis les critiques de M. Sarkozy sur le compte de son "humeur taquine" jeudi soir.Le porte-parole de M. Barroso, Johannes Laitenberger, a lui démenti qu'il y ait de l'eau dans le gaz entre MM. Sarkozy et Barroso."La relation, la coopération (entre les deux hommes) est très solide et très constructive. On ne peut pas être d'accord sur tous les sujets, mais cela n'enlève rien à la qualité de la relation".Le mandat de M. Barroso, dont la nomination requiert l'unanimité des dirigeants des 27, arrive à échéance fin 2009.Même s'il ne l'a pas officiellement confirmé, tout le monde suppose qu'il sera candidat à sa propre succession.

Source: AFP
 
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