
Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, chef de file de l'opposition au Liban, a qualifié jeudi de récentes décisions du gouvernement contre le mouvement chiite de "déclaration de guerre", alors que de violents heurts armés en plein Beyrouth faisaient craindre une escalade.Les affrontements, impliquant selon une source des services de sécurité des armes automatiques et des roquettes de type RPG, ont éclaté en fin d'après-midi dans plusieurs quartiers mixtes sunnites-chiites de l'ouest de la capitale entre partisans de la majorité antisyrienne et de l'opposition, quelques instants après le discours de Nasrallah."Ces décisions sont une déclaration de guerre et un début de guerre lancée par le gouvernement (...) au profit des Etats-Unis et d'Israël", a déclaré Hassan Nasrallah dans une vidéo conférence retransmise en direct dans un complexe de la banlieue sud de Beyrouth à majorité chiite.Le gouvernement avait décidé mardi d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche du mouvement chiite. Le mouvement chiite affirme que ce réseau, qui fait partie de sa "résistance contre Israël", est nécessaire pour des raisons de sécurité.Nasrallah a affirmé que son mouvement était prêt à se défendre par les armes après les décisions du gouvernement. "Notre réponse à cette déclaration de guerre est notre droit à nous défendre, de défendre notre résistance, nos armes et notre existence", a-t-il insisté.Selon Hassan Nasrallah, la crise libanaise qui dure depuis novembre 2006 est entrée "dans une nouvelle phase après les décisions dangereuses" du gouvernement et elle ne peut être résolue que si le gouvernement revient dessus et accepte un dialogue national.Une journée de grève générale, soutenue par l'opposition, a dégénéré mercredi en affrontements entre partisans de la majorité et sympathisants de l'opposition, faisant 10 blessés, selon les services de sécurité.La grève avait été lancée à l'appel de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), principale organisation syndicale du pays, pour réclamer une hausse du salaire minimum.Jeudi, les heurts armés se sont étendus à la Bekaa (est) et Tripoli (nord) où ils ont fait 8 blessés. De nombreuses routes étaient bloquées et des magasins et écoles fermés.L'armée, qui a la tâche délicate de s'interposer entre les deux camps, a prévenu dans un communiqué qu'une escalade risquait de "porter atteinte à (son) unité".A Beyrouth, des protestataires ont brûlé des pneus et incendié des bennes à ordure sur la route de l'aéroport, bloquée à l'aide de monticules de terre dressés par des partisans du Hezbollah mercredi. Le trafic aérien était quant à lui quasiment paralysé, a rapporté à l'AFP un responsable de l'aéroport."Tous les vols entre minuit et quatre heures ont été annulés", a-t-il dit sous condition de l'anonymat. Selon lui, seuls huit avions ont pu décoller dans l'après-midi à destination de pays arabes et de Paris.En outre, des sympathisants du gouvernement ont bloqué l'axe principal de la Bekaa menant à la frontière syrienne, la route menant de Chtaura à Baalbeck (est), fief du Hezbollah, et l'autoroute liant Beyrouth au sud du pays.A l'étranger, Le Caire et Ryad ont assuré le gouvernement de Fouad Siniora de leur soutien. La Ligue arabe, qui tente en vain depuis des semaines une médiation, a pour sa part appelé "au calme".Dans le même temps, un des émissaires de l'ONU au Proche-Orient, Terje Roed-Larsen, s'est inquiété devant le conseil de sécurité que le Hezbollah dispose d'une "infrastructure paramilitaire massive en marge de l'Etat", constituant selon lui une menace pour la paix et à la sécurité régionales.Le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir.
Source: AFP
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