
Les partis soutenant le président Luiz Inacio Lula da Silva et l'opposition se préparaient à livrer une rude bataille au second tour des municipales à Sao Paulo et dans les grandes villes du Brésil où le Parti des Travailleurs (PT, gauche) a conforté ses positions, mais sans bénéficier d'une "vague luliste".Les analystes apparaissaient partagés lundi sur les leçons à tirer de ce scrutin qui, en dépit de son enjeu le plus souvent local, va définir les rapports de force pour la présidentielle de 2010, avec une ville emblématique, Sao Paulo, la capitale économique du Brésil.Le grand quotidien de Sao Paulo, Estado de S. Paulo, a ainsi fait du PT, créé par Lula en 1980, "le grand vainqueur des élections municipales dans les capitales" des 26 Etats de ce pays de 190 millions d'habitants.Selon les résultats du premier tour, sur les quinze capitales qui ont élu leurs maires dès le premier tour, six ont en effet été remportées par le PT, dont Recife et Fortaleza (nord-est). Six autres capitales ont été conquises par des partis de la coalition gouvernementale.Le PT et ses alliés sont d'autre part présents au second tour dans dix capitales, dont Sao Paulo, Rio de Janeiro, Salvador de Bahia et Belo Horizonte.Mais, le quotidien de Rio, O Globo, a affirmé que Lula avait essuyé une "défaite", en ne parvenant pas à imposer sa candidate Marta Suplicy à Sao Paulo. Celle-ci, pourtant donnée largement favorite, n'est arrivée qu'en deuxième position, derrière le maire sortant de droite Gilberto Kassab (DEM) qui l'a devancée de quelque 60.000 voix sur plus de 8 millions d'électeurs.Une victoire de M. Kassab ferait de Sao Paulo la seule grande ville brésilienne aux mains de l'opposition."L'immense popularité de Lula ne s'est pas traduite en voix", a estimé le journal, alors que le chef de l'Etat a atteint des sommets de popularité - jusqu'à 80% selon des sondages - après six ans de pouvoir.Lula n'avait pourtant pas ménagé sa peine pour soutenir Marta Suplicy, son ex-ministre du Tourisme, afin de tenter de reprendre la mairie qu'elle avait perdue en 2004.Mais la mégalopole de 11 millions d'habitants "est une forteresse anti-PT qui résiste même au harcèlement du président le plus populaire de l'histoire", a souligné Ricardo Noblat, éditorialiste de Globo.L'enjeu est d'autant plus important que la bataille pour la mairie de Sao Paulo est considérée comme un test pour la présidentielle de 2010, une élection à laquelle Lula, déjà élu à deux reprises, n'a plus le droit de se présenter.Si l'opposition l'emportait à Sao Paulo, cela favoriserait le gouverneur social-démocrate de cet Etat, José Serra, candidat malheureux contre Lula en 2002, considère le professeur de l'Université de Brasilia, David Fleischer.En revanche, la seconde ville du pays, Rio de Janeiro, devrait revenir à Eduardo Paes, qui est arrivé en tête et dont le parti (PMDB, centre) est membre de la coalition gouvernementale.Mais la surprise est venue de Fernando Gabeira, candidat du parti Vert et ancien guérillero, qui a arraché la seconde place, avec le soutien de l'opposition. Cet ancien militant d'extrême gauche avait participé en 1969, aux heures les plus noires de la dictature militaire, à l'enlèvement de l'ambassadeur américain Charles Elbrick.
Source: AFP
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