
Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, réunit jeudi les chefs d'Etat ou de gouvernement du monde pour tenter de progresser vers la réduction de la grande pauvreté, alors que la tempête financière menace de se répercuter sur la crise alimentaire et énergétique.A mi-chemin de la date butoir de 2015 fixée pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le but est de "faire le point des progrès accomplis, identifier les défaillances et décider d'actions concrètes pour les corriger", selon le programme de cette réunion d'une journée, dans le cadre de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.Les huit objectifs, approuvés par les dirigeants mondiaux en 2000, sont la réduction de moitié de l'extrême pauvreté et de la faim à l'horizon 2015 par rapport à ses niveaux de 1990, le recul des grandes pandémies (sida, paludisme), de la mortalité infantile et de l'illettrisme.Ils incluent aussi l'égalité des sexes, l'amélioration de la santé maternelle, la protection de l'environnement et la création d'un partenariat mondial pour le développement.Dans un rapport le 11 septembre, M. Ban faisait état de progrès mitigés, inégaux selon les régions - l'Afrique subsaharienne étant très en retard - dans la poursuite des OMD, mais aussi de l'apparition de nouveaux défis tels que le ralentissement économique mondial et le réchauffement climatique.Soulignant la nécessité de "galvaniser la volonté politique et mobiliser les ressources" pour atteindre les objectifs, M. Ban avait averti qu'il comptait beaucoup "sur les dirigeants des pays développés".Depuis, l'effondrement du système financier, ayant contraint l'administration américaine à demander un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars, a fait craindre des répercussions mondiales dont résulterait une réduction de l'aide aux plus démunis.Lundi à l'issue d'un premier sommet consacré spécifiquement à l'Afrique, l'Assemblée générale a adopté une déclaration politique demandant que les promesses du sommet du G8 de Gleneagles (Royaume-Uni) soient honorées, "notamment l'engagement pris par beaucoup de pays développés de consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut à l'aide au développement avant 2015".La déclaration demande également aux pays développés "d'affecter une part de 0,15% à 0,20% de ce même revenu aux pays les moins avancés", dont la plupart sont en Afrique.Le G8 - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie - s'était engagé en juillet 2005 à Gleneagles à porter l'aide à l'Afrique à 50 milliards de dollars par an d'ici à 2010, soit un doublement par rapport à 2004.A la veille du sommet, cris d'alarme et appels à la vigilance se multipliaient.Selon ActionAid, la mortalité maternelle - le plus difficile à atteindre des OMD - ne diminue pas et la faim dans le monde s'est aggravée du fait de la hausse des prix énergétiques et alimentaires."Le coût du bol alimentaire de base a augmenté en moyenne de 80% en deux ans", affirme mercredi dans un communiqué cette ONG basée en Afrique du sud. "En conséquence, 100 millions de personnes ont rejoint les rangs des affamés et 750 millions d'autres risquent de souffrir chroniquement de la faim."ActionAid estime que "près de 1,7 milliard de personnes, soit un quart de l'humanité, pourraient se trouver désormais en situation d'insécurité alimentaire".Les initiatives se multipliaient également, comme celle de deux fondations - Bill et Melinda Gates et Howard Buffett - qui, avec le gouvernement belge, vont consacrer 76 millions de dollars à une initiative visant à changer les méthodes d'achat du Programme alimentaire mondial (Pam) dans les pays en développement, qui devrait bénéficier à des centaines de milliers de petits fermiers en Afrique sub-saharienne et en Amérique centrale.
Source: AFP
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