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PARIS - Les députés ont adopté mercredi un projet de loi qui pénalise la détention de produits dopants et prévoit même une peine de prison pour les sportifs pris la main dans le sac, l'opposition dénonçant un texte de circonstance voté dans l'urgence avant le Tour de France.
L'unanimité n'a donc pas été de mise: l'UMP a voté pour, mais le PS et le PCF, représenté par l'ex-ministre des Sports Marie-George Buffet, ont préféré l'abstention, critiquant également la pénalisation des sportifs.
Le projet de loi "prévoit une peine maximale de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende lorsqu'il s'agit de détention et de trafic", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, qui défendait son premier texte, après le budget, depuis son entrée au gouvernement en octobre.
Cette peine est portée à sept ans de prison et 150.000 euros d'amende lorsque les faits sont commis en bande organisée ou sur un mineur.
"Cette peine est ramenée à un an de prison et 3.750 euros d'amende dans le cas d'une infraction commise par un sportif en vue de son usage personnel", a ajouté M. Laporte, rappelant que "toutes les formes de détention médicalement justifiée ne feront pas l'objet de sanctions".
"A l'heure actuelle en effet, la détention ainsi que les autres actions caractérisant un trafic -production transport, importation et exportation- ne peuvent être réprimées", a souligné l'ex-sélectionneur du XV de France.
Dans une Assemblée clairsemée, l'opposition a dénoncé un texte "imprécis", "incomplet", et surtout "de circonstance" avant le Tour de France, dont la dernière édition avait été marquée par les affaires Rasmussen et Vinokourov.
Ex-ministre des Sports (1997-2002), auteur d'une loi antidopage en 1999, Marie-George Buffet (PCF) a aussi regretté la pénalisation des sportifs.
"L'histoire de Franck Vandenbroucke brisé par le dopage relève-t-elle de la prison ou faut-il aider cet homme à sortir d'une conduite dangereuse?", s'est-elle interrogée, évoquant le destin tragique de l'enfant terrible du cyclisme belge qui a tenté plusieurs fois de se suicider.
"Pour les pourvoyeurs, des sanctions pénales, pour les sportifs, des sanctions sportives", a résumé Alain Néri (PS).
"C'est dur, même pour moi, de l'accepter, je vous le garantis. Mais si on veut vraiment combattre ce fléau, il faut mettre les sportifs aussi devant leurs responsabilités et arrêter de dire qu'ils sont victimes", a répondu le secrétaire d'Etat.
Le socialiste Alain Néri a aussi plaidé pour "multiplier des contrôles inopinés dans les périodes de préparation", rappelant que le cycliste danois Michael Rasmussen n'a jamais été contrôlé positif.
Ce nouveau texte -qui doit encore passer au Sénat- doit aussi permettre à la France d'harmoniser son dispositif législatif avec le Code mondial antidopage et de mieux lutter contre les trafics. Source: AFP
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