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Liban: les affrontements font trois morts à Beyrouth
Publié le 08/05/2008 à 21:59:07 GMT

Les affrontements armés entre partisans de la majorité antisyrienne et les sympathisants de l'opposition ont fait au moins trois morts jeudi après un discours du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui qualifiait les récentes décisions du gouvernement contre le mouvement chiite de "déclaration de guerre".Selon des sources hospitalières, trois personnes ont été tuées et 10 blessées dans les affrontements qui ont éclaté en fin d'après-midi. Dix-huit personnes avaient auparavant été blessées depuis le début des troubles mercredi.Les derniers heurts meurtriers remontaient au 27 janvier, quand sept personnes, dont quatre militants chiites, avaient été tués par l'armée lors d'un manifestation. Les affrontements, à l'arme automatique et à la roquette selon les services de sécurité, ont éclaté dans plusieurs quartiers mixtes sunnites-chiites de l'ouest de la capitale. Dans la soirée, des explosions étaient entendues à travers la capitale, désertée par les habitants depuis la matinée.Lors d'une vidéo-conférence, Hassan Nasrallah a qualifié des décisions du gouvernement de "déclaration de guerre et un début de guerre lancée par le gouvernement".Celui-ci avait décidé mardi d'enquêter sur un réseau de télécommunications installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche du mouvement chiite. Celui-ci affirme que ce réseau fait partie de sa "résistance contre Israël"."Notre réponse à cette déclaration de guerre est notre droit à nous défendre, de défendre notre résistance, nos armes et notre existence", a insisté le chef du mouvement chiite.Selon Hassan Nasrallah, la crise libanaise qui dure depuis novembre 2006 ne peut être résolue que si le gouvernement revient sur ses décisions et accepte un dialogue national. Le dirigeant de la majorité parlementaire, le sunnite Saad Hariri, a appelé le chef du Hezbollah à mettre fin au "siège" de la capitale et à "retirer les hommes armés des rue". Concernant l'enquête, il a fait une concession en affirmant que "l'armée sera chargée du sort de ces décisions".Les contacts en soirée entre M. Hariri, un autre leader de la majorité, le druze Walid Joumblatt, et le président du Parlement Nabih Berri (opposition), n'ont mené à "aucun progrès", selon un communiqué du bureau de ce dernier.Une journée de grève générale pour une revalorisation des salaires, soutenue par l'opposition, a dégénéré mercredi en heurts entre partisans de la majorité et sympathisants de l'opposition. Jeudi, ils se sont étendus à la Bekaa (est) et Tripoli (nord).Des manifestants ont également bloqué la route menant à l'aéroport de Beyrouth, où le trafic aérien était quasiment paralysé, selon un responsable aéroportuaire. Seuls huit avions ont pu décoller dans l'après-midi à destination de pays arabes et de Paris.En outre, des sympathisants du gouvernement ont bloqué les axes menant à la Syrie, et dans les fiefs du Hezbollah à l'est et au sud.A Beyrouth, L'armée, déployée pour s'interposer entre les deux camps, a prévenu qu'une escalade risquait de "porter atteinte à (son) unité". Le gouvernement de Fouad Siniora a reçu le soutien du Caire, de Ryad et du Conseil de sécurité de l'ONU alors que pour Paris, la situation est "préoccupante". Le Hezbollah doit cesser immédiatement de "semer le trouble" au Liban, a averti Washington.Un responsable de l'ONU, Terje Roed-Larsen, s'est inquiété devant le Conseil de sécurité que le Hezbollah dispose d'une "infrastructure paramilitaire massive en marge de l'Etat".La Ligue arabe a exhorté les dirigeants libanais à "éviter les affrontements ou toute autre action qui pourrait provoquer l'escalade" des violences, tandis que les autorités des Emirats arabes unis ont annoncé l'évacuation de leurs ressortissants de Beyrouth.Le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir.

Source: AFP
 
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