
La Ligue arabe s'apprêtait jeudi à annoncer un accord conclu avec les différentes parties libanaises, en vue de mettre fin à la crise qui paralyse le pays depuis 18 mois et avait dégénéré la semaine dernière en violences meurtrières.Cette annonce doit faire suite à l'annulation, par le gouvernement, de deux décisions controversées contre le Hezbollah, une annonce interprétée comme un geste de faiblesse face au puissant parti chiite qui mène l'opposition.Une délégation de la Ligue arabe, arrivée mercredi à Beyrouth, devait annoncer un "accord global" incluant "une reprise du dialogue" entre la majorité antisyrienne et l'opposition, et "la fin de la campagne de désobéissance civile menée par l'opposition", a indiqué à l'AFP un responsable de l'opposition sous couvert de l'anonymat.Les "questions de sécurité" seront également discutées, a-t-il ajouté, soulignant que "l'armée serait seule en charge de maintenir la sécurité".Ces discussions, selon la même source, se dérouleront au Qatar, l'émirat du Golfe qui entretient de très bonnes relations avec l'opposition libanaise et mène la délégation à Beyrouth.Dans la nuit, le gouvernement, soutenu par les Occidentaux et la majorité des pays arabes, avait annulé deux mesures annoncées le 6 mai pour contrer l'influence du Hezbollah, qui avaient déclenché la flambée de violence la plus sanglante depuis la guerre civile (1975-90), avec 65 morts et 200 blessés.Saluée dans les rues de Beyrouth par des tirs de joie nocturnes, cette décision devrait désamorcer les tensions sur le terrain.Au risque pour le gouvernement, contraint de céder sous la pression, de se retrouver en position de faiblesse accrue pour négocier une sortie de crise face à l'opposition, alliée de l'Iran et de la Syrie."Le message transmis par cette décision, plutôt qu'une mesure de stabilité, est un signe de faiblesse. Elle justifie la décision du Hezbollah de lancer une campagne de désobéissance et des affrontements armés", a relevé l'analyste politique Amal Saad-Ghorayeb.Pour cette spécialiste du Hezbollah, l'annulation des mesures "donne du pouvoir à l'opposition et montre que la force est la seule façon d'agir avec le gouvernement".Engagé depuis 18 mois dans un bras de fer avec le Hezbollah, qui revendique pour l'opposition une influence accrue au sein du pouvoir, le gouvernement souhaitait enquêter sur un réseau de télécommunications parallèle mis en place par le parti chiite, et avait décidé de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme un proche du Hezbollah.Ces deux mesures, accueillies par le Hezbollah comme une "déclaration de guerre", avaient déclenché une flambée de violences intercommunautaires.Des hommes armés de l'opposition chiite avaient pris d'assaut l'ouest de Beyrouth, défendu par des partisans sunnites du gouvernement.Après deux jours de combats, l'armée avait gelé le 10 mai les mesures gouvernementales et les hommes armés s'étaient retirés des rues, une accalmie fragile qui n'avait pas empêché d'autres combats à Tripoli, dans le nord, et dans la montagne druze, au sud-est de Beyrouth.L'opposition a en outre poursuivi sa campagne de "désobéissance civile", dans l'attente de l'annulation officielle des mesures gouvernementales.Le blocage par le Hezbollah de la route menant à l'aéroport de Beyrouth, fermé de facto au trafic aérien, se poursuit depuis le 8 mai.Les négociations à venir doivent prendre pour base une initiative de la Ligue arabe prévoyant l'élection à la présidence du pays du chef de l'armée, le général Michel Sleimane, la formation d'un gouvernement d'union nationale et l'élaboration d'une loi électorale en vue des élections de 2009.
Source: AFP
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