
Les Etats-Unis, dont un premier avion a atterri à Rangoun, et l'ONU ont pressé lundi les autorités birmanes d'agir vite, dix jours après le cyclone Nargis, pour éviter davantage de morts, et de faciliter une aide étrangère que le régime veut contrôler. "Il est important que nous, et la communauté internationale, soyons autorisés à aider les victimes de cette horreur inimaginable", a martelé l'ambassadeur des Etats-Unis en Thaïlande, Eric John.Ainsi, les Américains "enverront deux avions d'aide" supplémentaires en Birmanie mardi, a annoncé, à Bangkok, Henrietta Fore, directrice de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), tandis que la Maison blanche a promis 13 millions de dollars de plus pour aider la population birmane (soit un total de 16,26 millions de dollars à ce jour).Car "si nous n'agissons pas maintenant et rapidement, davantage de vies seront perdues", a prévenu Catherine Bragg, directrice adjointe du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.Pour l'instant, une cinquantaine d'humanitaires étrangers travaillant pour des agences des Nations unies et des ONG attendent toujours l'autorisation d'entrer en Birmanie, ont précisé des responsables onusiens à Bangkok."En fait, très peu de visas ont été accordés", a déploré Mme Bragg.Le rythme d'arrivée des secours étrangers s'est légèrement accéléré depuis dimanche, mais reste bien en deçà des besoins gigantesques de survivants désespérés, qui ont faim et soif, après l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire récente. Le bilan des victimes a augmenté à 31.938 morts et 29.770 personnes disparues, a annoncé mardi la télévision d'Etat. Des diplomates parlent de plus de 100.000 tués.L'ONU a maintes fois averti que le bilan s'alourdirait si l'on ne portait pas secours immédiatement aux quelque deux millions de sinistrés, dont seulement 500.000 auraient reçu une assistance.Car l'aide est insuffisante et des équipes étrangères continuent de faire face à des difficultés logistiques et administratives, selon l'ONU. D'après ses représentant à Bangkok, les opérations de secours permettent de répondre à 10% des besoins en eau potable, vivres et matériels.Reste qu'un premier avion militaire américain a atterri lundi à Rangoun, à la suite de plusieurs appareils affrétés notamment par la Croix-Rouge et Médecins Sans Frontières (MSF).La junte birmane est l'une des bêtes noires des Etats-Unis et la présence de ce premier aéronef en Birmanie constitue en soi un événement."Espérons que ce C-130 sera le premier d'une longue série. Le monde a beaucoup à offrir (aux Birmans). Nous offrons notre aide sans condition", a proclamé l'ambassadeur Eric John.La Birmanie s'est dite prête à accepter l'aide de la communauté internationale, a assuré le ministère indien des Affaires étrangères, un partenaire économique de la junte.Mais "nous ne devons pas juger de la réussite de ces opérations uniquement par le nombre d'avions qui arrivent", a tempéré un porte-parole de l'ONU, Richard Horsey.Cette junte militaire, considérée comme paranoïaque et obsédée par la défense de sa souveraineté, reste extrêmement réticente à ce que les secours soient dirigés par des étrangers.Ainsi, le ministre de la Planification nationale et du Développement économique, Soe Tha, a remercié l'ONU et tous les pays pour leurs dons, mais a réaffirmé que les Birmans garderaient la main sur l'acheminement de l'aide."La distribution des secours peut être gérée par des organisations locales", a-t-il insisté. D'ailleurs MSF s'est plainte de "plus en plus de contraintes exercées par les autorités" dans les zones où l'organisation tente de travailler.
Source: AFP
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