
Les députés PS ont choisi de pilonner le gouvernement au sujet du pouvoir d'achat à l'occasion du texte sur les "revenus du travail", tandis que l'exécutif et l'UMP ont dénoncé leur "obstruction" et un "plan caché" pour retarder l'examen du texte sur le revenu de solidarité active (RSA).Le premier texte examiné en session extraordinaire à l'Assemblée, qui vise à augmenter le pouvoir d'achat en favorisant l'intéressement, devait normalement être voté rapidement mardi.Le reste de la semaine devait être consacré au texte emblématique, le RSA de Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives.Mercredi après-midi, seuls deux des cinq articles du texte présenté par Xavier Bertrand, ministre du Travail, avaient été votés. Certains évoquent même un renvoi du RSA au 7 octobre.La gauche, PS et PCF, ont déposé plus de 1.500 amendements et usait de tous les rouages de la procédure pour allonger le débat: multiples interventions sur la "principale préoccupation des Français", le pouvoir d'achat, demandes de suspensions de séances et scrutin public.Au point que M. Bertrand et le patron des députés UMP, Jean-François Copé, dont les relations sont réputées très tendues, sont intervenus ensemble pour dénoncer "l'obstruction" du PS."On recommence cette session parlementaire dans des conditions caricaturales. Les socialistes sont tellement perdus en termes de ligne politique que, pour donner le change, ils se lancent dans l'obstruction", a dit M. Copé. Pour lui, "les députés PS ne veulent pas du RSA". "C'est un plan caché pour empêcher la mise en oeuvre d'une réforme indispensable", a-t-il ajouté.M. Bertrand a pour sa part dénoncé "l'attitude inadmissible et illisible vis-à-vis de l'extérieur d'un PS et de députés socialistes aux abois, qui cherchent à prendre en otage des textes attendus par les Français".Les députés PS et leur président Jean-Marc Ayrault ont fermement récusé vouloir bloquer le travail parlementaire, déclarant mettre à profit ce texte pour défendre le pouvoir d'achat des Français.Cette bataille permet aussi au groupe PS de montrer qu'il est uni et au travail, loin des querelles internes du parti engagé dans la bataille pour la succession de François Hollande."Nos amendements présentent des propositions pour améliorer le pouvoir d'achat", a déclaré Christian Eckert, porte-parole du groupe sur ce texte. Les députés PS ont ainsi notamment tenté de conditionner l'octroi de bonus ou de stock-options aux dirigeants d'une entreprise à la distribution d'intéressement à tous ses salariés ou de supprimer le bouclier fiscal.Ils attendent de pied ferme l'article 3 qui porte du 1er juillet au 1er janvier, à partir de 2010, la date d'examen du Smic pour tenter d'obtenir des garanties sur les modalités de revalorisation du salaire minimum.La députée PS d'Indre-et-Loire Marisol Touraine a déploré que le gouvernement ait dit "non" aux deux propositions socialistes sur le Smic et les stocks-options: "Nous allons continuer à faire le débat", a-t-elle dit.Les socialistes sont appuyés dans leur combat par les communistes. "Vous essayez de remettre en cause le salariat en lui substituant des revenus qui viennent de la négociation employeurs-employés", a lancé Jean-Pierre Brard (app PCF).
Source: AFP
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