
Les autorités soudanaises poursuivaient mardi leur traque du chef d'un groupe rebelle du Darfour, auteur samedi d'une attaque sans précédent sur Khartoum.Le ministre soudanais de la Défense, Abdoul Rahim Mohammed Hussein, a indiqué à l'agence officielle SUNA que Khalil Ibrahim, le chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), se trouvait au Darfour-nord.Le Soudan a demandé "aux citoyens dans tout le pays et particulièrement dans les Etats du Darfour (ouest) et du Kordofan (centre) de communiquer immédiatement aux autorités toute information pouvant mener à l'arrestation de Khalil Ibrahim," a rapporté SUNA.L'armée a déjà offert une prime de 250 millions de livres soudanaises (123 millions de dollars) à quiconque permettrait de capturer Ibrahim, un médecin islamiste. Les rebelles du JEM, un des groupes engagés dès le début de la guerre contre le pouvoir central au Darfour en 2003, ont attaqué samedi Omdurman, ville jumelle de Khartoum, avec l'objectif de marcher sur la capitale. Ils ont été repoussés par les forces régulières.Un couvre-feu était toujours imposé mardi, mais le trafic a pu reprendre à l'aéroport de Khartoum qui avait été fermé.Selon le quotidien anglophone Sudan Times, les autorités soudanaises auraient fait état de 400 rebelles et de 100 membres des forces de sécurité tués dans les affrontements. Aucun bilan officiel n'a été communiqué.Mais pour le ministère soudanais des Affaires étrangères, plus de 300 combattants soudanais et tchadiens ont été arrêtés après cette attaque.Le chef de l'opposition islamiste, Hassan al-Tourabi, a été relâché lundi dans la soirée sans qu'aucune explication ne soit fournie sur son arrestation dans la matinée, a affirmé le directeur de son bureau, Awad Babakr. Quatre cadres de son parti, le Congrès National populaire (CNP), ont aussi été remis en liberté, a-t-il ajouté, précisant que 16 autres restaient en détention.Mardi matin, aucun tir n'était reporté dans la capitale. La veille, des témoins avaient fait état de tirs sporadiques dans différentes parties de Khartoum, alors que l'armée pourchassaient les rebelles à Omdurman.L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), basée à New-York, s'est inquiété des arrestations de masse à Khartoum de partisans des rebelles et de membres de l'opposition, craignant qu'ils subissent des mauvais traitements."Tous ceux qui ont été arrêtés et qui ont participé à la récente attaque sur Omdurman auront un procès militaire juste", a répliqué M. Hussein à SUNA.De son côté, le chef d'état-major du JEM, Souleimane Sandal, avait affirmé lundi que son mouvement avait décidé de porter jusqu'à Khartoum la bataille du Darfour."Nous n'allons plus combattre au Darfour et dans le désert, nous allons combattre à Khartoum", avait-il dit en précisant qu'il se trouvait à Omdurman.L'attaque de samedi ont conduit le Soudan à rompre ses liens diplomatiques avec le Tchad, son voisin qu'il accuse d'avoir soutenu l'attaque des rebelles. N'Djamena a nié tout implication dans l'offensive.Le Tchad a fermé lundi sa frontière avec le Soudan "dans le but d'éviter toute infiltration et trafic suspects", et gelé ses liens économiques et culturels avec le Soudan.Selon le ministère soudanais des Affaires étrangères, le Soudan détient la preuve de communications entre les rebelles, le gouvernement tchadien et l'embassade tchadienne à Khartoum.
Source: AFP
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