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Le secteur financier marocain n'a guère souffert des perturbations qui ont affecté les marchés financiers internationaux, souligne jeudi le cabinet d'intelligence économique de l'Oxford Business Group (OBG), relevant que le pays poursuit sa préparation pour la mise en place d'un régime monétaire plus souple.
Citant un rapport publié récemment par Bank Al Maghrib, l'OBG a indiqué que cette institution financière a annoncé que le Maroc poursuivait ses efforts visant l'ouverture du compte de capital et l'assouplissement du régime de change, en dépit des perturbations financières qui ont affecté les marchés financiers internationaux suite au resserrement du crédit à l'échelle mondiale.
Le régime de change actuel est basé sur le rattachement du dirham à un panier composé de l'euro et du dollar, note la source, soulignant que plusieurs facteurs ont contribué au renforcement du système financier marocain.
Et d'ajouter que les prêts classés comme douteux (prêts non performants) ont baissé au cours des quatre dernières années, passant de 19 pc à 6,5 pc des actifs.
Par ailleurs, les taux d'intérêt ont enregistré une baisse tandis que l'essor des activités économiques non agricoles comme le tourisme, la construction et l'industrie automobile, ont permis au Royaume de diversifier sa base économique, indique le groupe britannique, soulignant que l'investissement direct étranger (IDE) affiche une tendance haussière.
La source rappelle, dans ce cadre, que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que ce taux atteindra 3,8 pc du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre 1,5 pc en 2004.
Dans ce contexte favorable, indique l'ONG, le gouvernement marocain a pu mettre en oeuvre les réformes nécessaires visant à faciliter les mouvements financiers en dehors du pays.
Auparavant, des mesures de restriction faisaient barrage à la sortie de capitaux, un phénomène auquel le pays était confronté en raison de l'instabilité bancaire et du fragile équilibre économique reposant sur un secteur agricole exposé aux risques de sécheresse, note le groupe.
Par ailleurs, le cabinet londonien note qu'en dépit du ralentissement de la croissance du PIB réel à 2,7 pc en 2007 suite à la forte contraction de la production céréalière, le gouvernement marocain et le FMI estiment que la croissance dépassera les 6 pc cette année, ce qui devrait encourager les pouvoirs publics à adopter un régime de change plus souple et une stratégie d'ouverture des capitaux.
L'OBG rappelle que M. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib, avait annoncé en mars dernier que le régime de flottement du dirham pourrait être instauré plus tôt qu'initialement prévu en 2010, en dépit du chaos causé par la crise sur le marché des crédits (subprime).
Le groupe ajoute, dans ce sens, qu'un représentant du gouvernement avait confirmé en juillet dernier l'intention de la banque centrale d'assouplir le régime de change plus tôt que prévu, ce qui devrait donner au pays plus de contrôle sur sa politique monétaire - et donc sur son taux d'inflation - et devrait permettre aux investisseurs de mieux appréhender la performance économique du Maroc.
Le groupe estime, toutefois, qu'il reste encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir mettre en place un régime de flottement.
Il s'agit, selon la source, de doter l'ensemble du système bancaire de systèmes de gestion des risques.
Dans ce contexte, l'OBG souligne que les exportateurs et importateurs doivent se préparer à faire face aux fluctuations de la monnaie.
Malgré la consolidation du secteur financier ces dernières années, et le fait qu'il ait jusqu'à présent échappé aux perturbations du marché mondial, tous les analystes ne baissent pas la garde, indique le groupe, qui rappelle qu'en février dernier, l'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a placé les banques marocaines dans le groupe huit (sur un total de 10 groupes) de son classement global portant sur l'analyse du risque de l'industrie bancaire.
Et de conclure qu'étant donné la consolidation des paramètres fondamentaux de l'économie nationale, et celle du système financier ces dernières années, le temps est venu d'accélérer le rythme d'ouverture de l'économie marocaine.
Source: MAP
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