
Les cours du pétrole repassaient la barre des 100 dollars vendredi matin, gagnés par l'euphorie générale des marchés après les mesures d'assainissement prises par plusieurs régulateurs pour endiguer la panique boursière, et alors que les attaques se succédaient au Nigeria.A Londres, le baril de Brent pour livraison en novembre s'échangeait à 97,40 dollars, en hausse de 2,21 dollars par rapport à la clôture de jeudi.Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre valait 100,37 dollars, grimpant de 2,49 dollars."Les cours du pétrole se raffermissaient ce matin (vendredi), dans le sillage des autres matières premières et après une remontée sans précédent des marchés d'actions dans le monde", affirme Andrey Kryuchenkov, analyste de la maison de courtage Sucden.Depuis le début de la semaine, les cours du pétrole sont embarqués dans les remous de la crise financière qui ébranle les banques de Wall Street et de la City londonienne, et ils sont davantage dictés par la perception du risque financier que par l'offre et la demande.En début de semaine, les cours sont tombés en chute libre (sous 89 dollars à Londres) alors que les investisseurs liquidaient leurs actifs pour chercher de l'argent frais. Mercredi, la tendance s'est inversée et les cours ont regagné 6 dollars, à la faveur d'une affluence des fonds vers les matières premières, perçues comme des valeurs refuge. Jeudi, le pétrole a terminé quasi stable, au terme d'une séance à nouveau très volatile au cours de laquelle il a dépassé 102 dollars à New York."Dans l'ensemble, les cours du pétrole sont encore soutenus par des fondamentaux solides, malgré une décélération de la croissance de la demande pétrolière, en raison du ralentissement économique mondial cette année", estime Andrey Kryuchenkov. "Cependant, il faut attendre que la poussière retombe sur les marchés financiers avant que les investisseurs se s'intéressent de plus près à la réalité de l'offre et la demande", poursuivait-il.Parmi les facteurs contribuant à soutenir les cours, la situation au Nigeria, second producteur de brut africain, est un sérieux motif d'inquiétude. Le principal groupe armé du sud du Nigeria, le Mend, a affirmé avoir détruit jeudi soir un "important oléoduc" appartenant au géant du pétrole anglo-néerlandais Shell, la cinquième attaque du groupe contre la compagnie depuis que ses militants ont déclaré dimanche une "guerre du pétrole".Par ailleurs, le directeur des marchés du pétrole à l'Agence internationale de l'Energie (AIE) a soutenu vendredi l'idée qu'un juste prix du pétrole pour les producteurs et les consommateurs se situait autour de 80 dollars le baril.
Source: AFP
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