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Les grandes lignes d'un plan marocain ambitieux pour réformer l'agriculture, avec 110 à 150 milliards de dirhams d'investissements étalés sur dix ans, ont été exposées mardi à Meknès par le ministre de tutelle.
"Plan Maroc Vert" est le nom donné à ce plan présenté par Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture et du Développement rural devant les participants aux premières assises du secteur, en présence du roi Mohammed VI.
"L'objectif est de réaliser des investissements de l'ordre de 10 milliards de dirhams par an", a affirmé le ministre évoquant d'éventuelles contributions du Fonds Hassan II pour le développement social, et des bailleurs de fonds nationaux et internationaux comme la Banque mondiale.
L'agriculture, a ajouté le ministre, représente de 15 à 20% du PIB, selon les années. Les exportations marocaines de produits agricoles progressent annuellement de 5% alors que celles des pays concurrents avancent de 8 à 10%, a-t-il dit.
Le ministre a énuméré les grandes failles de l'agriculture marocaine caractérisée par "un morcellement des terres, avec une moyenne de seulement deux hectares, une céréaliculture qui consomme 80% de l'eau du pays, occupe les trois quarts de ses superficies cultivables et ne participe au chiffre d'affaires agricole global qu'à hauteur de 10 à 15%".
"L'agriculture est à la croisée des chemins. Elle doit être le principal moteur de la croissance et de la lutte contre la pauvreté", a-t-il souligné.
"Cette réforme lourde et difficile est basée sur deux piliers: une agriculture moderne basée sur des investissements privés, et des investissements sociaux dans la lutte contre la pauvreté" en milieu rural, a-t-il ajouté. L'Etat encouragera la constitution d'"agrégats" d'agriculteurs qui permettront de résoudre plus facilement les problèmes fonciers et ceux liés à l'investissement, selon le ministre qui préconise "l'accélération de la mise en gestion privée des terres publiques et collectives" au Maroc.
Le ministre a également appelé à une "tarification incitative de l'eau et à la mise en gestion déléguée des Offices (publics) régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA), dépendants de son département. Pour une meilleure utilisation des ressources en eau, M. Akhannouch a indiqué que l'Etat encouragera la culture de l'olivier, de l'amandier, du figuier de barbarie et du caroubier, "plantations économes en eau, bien que ces cultures aient besoin d'une moyenne de cinq ans pour donner leurs fruits".
M. Akhannouch a enfin appelé à "un effort cohérent sur une durée de dix ans" pour atteindre les objectifs escomptés. "Il s'agit d'un effort de fond qui nécessite un lancement rapide".
Source: AFP
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