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Le Liban paralysé, les accrochages armés s'étendent à d'autres villes
Publié le 08/05/2008 à 13:57:09 GMT

Le Liban était paralysé jeudi avec de nombreuses routes bloquées et l'aéroport international fermé alors que des accrochages armés entre partisans de l'opposition et de la majorité antisyrienne s'étendaient à plusieurs villes du pays.Mercredi, une grève générale pour des revendications salariales avait dégénéré à Beyrouth où des pneus avaient été incendiés, des routes bloquées et des partisans des deux camps s'étaient affrontés, faisant au moins dix blessés.Ces violences avaient entraîné la fermeture de l'aéroport international et exacerbé une crise déjà aiguë dans le pays. L'armée libanaise a prévenu jeudi qu'une escalade risquait de porter atteinte à son unité."Si la situation se poursuit, tout le monde perdra et cela portera atteinte à l'unité de l'institution militaire", a déclaré le commandement de l'armée dans un communiqué.Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, fer de lance de l'opposition, devait s'exprimer jeudi après-midi pour répondre à des mesures annoncées mardi par le gouvernement à l'encontre de la formation chiite. L'armée et la police anti-émeutes ont installé des points de contrôle dans la capitale, bloquant plusieurs routes alors que de nombreux commerces et écoles étaient fermés pour le deuxième jour d'affilée.En matinée, des protestataires ont brûlé des pneus et incendié des bennes à ordure sur la route de l'aéroport, bloquée à l'aide de monticules de terre dressés par des partisans du Hezbollah mercredi.L'aéroport international était fermé jeudi matin et aucun vol n'était prévu avant au moins 16h00 locales (13H00 GMT), selon une source aéroportuaire. Huit personnes ont été blessées dans des affrontements armés entre partisans des deux camps.Dans la plaine de la Békaa (est), cinq personnes, dont quatre femmes, ont été blessées à Saadnayel, près de Chtaura, a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité.Plusieurs dizaines de sympathisants du gouvernement ont bloqué l'axe principal de la Békaa menant à la frontière syrienne.Ces partisans du gouvernement ont également bloqué la route menant de Chtaura à Baalbeck, fief du Hezbollah. Au sud, ils ont barré l'autoroute liant Beyrouth au Sud.A Tripoli (nord), trois personnes ont été blessées par balles lors d'affrontements entre des pro-gouvernementaux et des partisans de l'une des figures de l'opposition, Omar Karamé, selon une source des services de sécurité.Face à l'escalade, plusieurs capitales arabes ont fait part de leur inquiétude.L'Arabie saoudite qui soutient la majorité, a exhorté l'opposition à "repenser sa position", estimant qu'un conflit ne serait bénéfique "qu'aux forces extrémistes externes", référence apparente à l'Iran. L'Egypte a également fait part de son soutien au gouvernement, appelant cependant à la "retenue".La Ligue arabe a pour sa part appelé "au calme".Un responsable du mouvement chiite Amal (opposition) a accusé la majorité "d'entraîner le pays vers une escalade" en bloquant davantage de routes, et de vouloir "plonger le pays dans une guerre civile".La grève générale avait à l'origine été organisée à l'appel de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), principale organisation syndicale du pays, pour réclamer du gouvernement une hausse du salaire minimum, inchangé depuis 1996.Mercredi, un responsable de l'opposition a affirmé à l'AFP que la grève allait se transformer en "désobéissance civile" jusqu'à ce que le gouvernement revienne sur ces dernières décisions touchant notamment au Hezbollah.Le gouvernement avait décidé mardi d'enquêter sur un réseau de télécommunications qui aurait été installé par le Hezbollah à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth présenté comme un proche du mouvement chiite.Le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir.

Source: AFP
 
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