
Le gouvernement italien a nommé le commissaire extraordinaire chargé de gérer Alitalia, donnant de facto son accord à la mise sous tutelle de la compagnie aérienne comme elle l'avait demandé vendredi à l'issue d'un conseil d'administration, a rapporté l'agence Ansa.Le gouvernement de Silvio Berlusconi a nommé l'ancien ministre des Finances Augusto Fantozzi commissaire extraordinaire d'Alitalia, peu après que la compagnie ait demandé à être placée sous administration extraordinaire comme le prévoit la législation sur les faillites.Alitalia a également annoncé vendredi dans un communiqué avoir demandé à être déclarée insolvable et a déposé un recours en ce sens devant le tribunal de Rome, précise-t-elle.Cette procédure, qui était prévue dans le plan de sauvetage de la compagnie mis au point par la banque Intesa Sanpaolo, doit permettre la relance d'une nouvelle compagnie débarrassée du poids de la dette de l'ancienne société.M. Fantozzi devra se prononcer sur ce plan de sauvetage, qui prévoit selon une source proche du dossier, la scission d'Alitalia et la création d'une nouvelle société regroupant les activités rentables, détenue par seize actionnaires italiens prêts à mettre ensemble un milliard d'euros sur la table.Le gouvernement a adopté jeudi un décret-loi modifiant la législation sur les faillites afin de permettre le sauvetage de la compagnie italienne.Le texte adopté par le gouvernement permet aussi à Alitalia de déroger à la loi antitrust et d'intégrer dans la nouvelle société assainie des actifs d'Air One, deuxième compagnie de la péninsule.Vendredi, le conseil d'aministration n'a pas approuvé les comptes semestriels de la compagnie contrairement à ce qui avait été annoncé, a indiqué un porte-parole, ajoutant qu'aucun autre communiqué ne serait publié vendredi.Les pertes d'Alitalia pour le premier semestre 2008 sont évaluées à 400 millions d'euros par les analystes, tandis qu'au premier trimestre, la compagnie avait enregistré une perte avant impôts de 215 millions d'euros.Selon un communiqué publié vendredi par Alitalia, la dette de la société s'élevait à 1,17 milliard d'euros au 31 juillet.Après avoir été soutenue à bout de bras par l'Etat pendant des années, Alitalia est arrivée en bout de course. Elle ne survivait plus qu'à travers le soutien de l'Etat, qui lui avait encore injecté en avril 300 millions d'euros.Lundi les syndicats représentant les salariés d'Alitalia ont été convoqués par le gouvernement pour examiner l'épineuse question des suppressions d'emplois, qui devraient s'élever à 7.000, selon la presse italienne.
Source: AFP
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