
Les dirigeants du G8 ont exhorté mardi l'Iran à "suspendre toute activité liée à l'enrichissement d'uranium" et à "répondre positivement" aux dernières offres de la communauté internationale.L'Iran avait menacé plus tôt mardi de "mettre le feu" à Tel-Aviv et à la flotte militaire américaine dans le Golfe en cas d'attaque contre ses installations nucléaires, quelques jours après le rappel par Washington que l'option militaire reste sur la table."Le régime sioniste fait actuellement pression sur les dirigeants de la Maison Blanche pour préparer une attaque contre l'Iran. S'ils commettent une telle stupidité, la première réponse de l'Iran sera de mettre le feu à Tel-Aviv et à la flotte américaine dans le Golfe Persique", a averti l'hodjatolislam Ali Shirazi, représentant du guide suprême Ali Khamenei au sein des forces navales des Gardiens de la révolution, cité par l'agence Fars.Les Etats-Unis, comme Israël, n'ont pas exclu récemment un recours à la force contre l'Iran pour stopper son programme nucléaire, dont les Occidentaux craignent qu'il ne cache un volet militaire sous couvert de production d'électricité."Nous exprimons nos sérieuses craintes concernant les risques de prolifération que pose le programme nucléaire iranien et l'omission continuelle par l'Iran de remplir ses obligations internationales", ont estimé les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 dans un communiqué au cours de leur réunion à Toyako, dans le nord du Japon.Le club des grandes puissances a exhorté l'Iran "à suspendre toute activité liée à l'enrichissement d'uranium" et à coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).Ils ont également appelé Téhéran "à répondre positivement" à l'offre formulée le 14 juin par les six pays engagés dans la recherche d'un accord avec l'Iran pour s'assurer que son programme nucléaire n'a pas de finalité militaire.Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont proposé à Téhéran d'engager des négociations sur un éventail de thèmes allant de l'énergie nucléaire à la politique, en passant par l'économie, un partenariat énergétique, l'agriculture, l'environnement et l'aviation civile, en échange de garanties sur l'arrêt de l'enrichissement d'uranium.La déclaration du responsable iranien intervient alors que les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique, effectuent des manoeuvres navales dans le Golfe pour améliorer leurs "capacités de combat des unités balistiques et navales", selon les médias.Les Gardiens de la révolution islamique, une armée parallèle créée au lendemain de la victoire de la révolution de 1979, ont leurs propres forces terrestres, navales et aériennes.Armée idéologique du régime, ils disposent de nombreux missiles, notamment les Shahab-3 capables d'atteindre le territoire israélien et les bases militaires américaines dans la région.Samedi, le chef des Gardiens, le général Mohammad Ali Jafari, avait déjà menacé "les ennemis" de l'Iran de "frappes fatales" dans le Golfe, en affirmant que "les tactiques (...) de guerre éclair des bateaux des Gardiens ne laisseront aucune chance de s'enfuir aux ennemis".Le même jour, le chef d'état-major de l'armée iranienne avait également averti que Téhéran pourrait fermer le détroit stratégique d'Ormuz, par où transite environ 40% du pétrole mondial, si les intérêts de l'Iran étaient en jeu.Par ailleurs, un responsable iranien a déclaré mardi que l'Occident "perd son temps" en demandant la suspension de l'enrichissement d'uranium."La question de la suspension de l'enrichissement d'uranium appartient à l'Histoire et l'Occident, en insistant sur cette demande illégale et illogique, ne fait que perdre son temps", a déclaré l'ambassadeur iranien à Londres, Rassoul Movahedian, dans une déclaration à l'agence officielle Irna.L'Iran a remis vendredi à Javier Solana, chef de la diplomatie de l'Union européenne, une réponse --qui n'a pas été rendue publique-- à un ensemble de propositions destinées à l'inciter à suspendre ses activités nucléaires les plus sensibles.Mardi, Nicolas Sarkozy a annonce que Javier Solana se rendrait en Iran pour chercher à évaluer l'évolution des positions de Téhéran sur son programme nucléaire."Il y a une initiative du Groupe des Six qui sera d'envoyer M. Solana (en Iran) pour discuter et voir de façon approfondie quelle est la différence entre l'actuelle proposition des Iraniens et celle que nous avions déjà sur la table", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse en marge du sommet du G8 à Toyako (Japon)."Quand on aura les résultats, chaque pays par les canaux qui sont les siens, essaiera d'en savoir un peu plus sur les intentions du régime iranien", a-t-il ajouté.
Source: AFP
|