
L'inquiétude croissante sur la situation des banques européennes a provoqué lundi une chute historique des marchés boursiers ainsi qu'une baisse spectaculaire de l'euro, tandis que les gouvernements de l'Union ne parvenaient pas à s'accorder sur une réponse commune à la crise. Les principaux indices boursiers européens ont terminé la séance sur des baisses considérables: plus de 9% à Paris et à Amsterdam, près de 10% à Lisbonne et Dublin.La baisse a été juste un peu moins forte à Madrid (-6,06%), Zurich (-6,12%), Bruxelles (-6,87%), Francfort (-7,7%), Londres (-7,85%) et Milan (-8,24%).Plus tôt dans la journée, les marchés d'Asie-Pacifique et de la région du Golfe avaient également connu une nouvelle journée noire.Wall Street, très attentif à la situation en Europe, perdait environ 5% vers 16H30 GMT. Signe que la crise se concentre sur l'Europe, l'euro a de nouveau chuté, à 1,35 dollar en fin de journée, contre près de 1,38 dollar vendredi soir.Les investisseurs craignent que la crise ne fasse de nouvelles victimes parmi les banques européennes tandis que les gouvernements ont encore tenté de rassurer les épargnants.Plusieurs gouvernements européens ont annoncé des mesures de garantie des dépôts, à l'instar de l'Irlande.La plus spectaculaire est venue d'Allemagne où la chancelière Angela Merkel a annoncé dimanche la couverture par l'Etat de toute l'épargne des ménages, soit plus de 1.600 milliards d'euros. L'Islande a pris la même mesure. Au-delà des initiatives nationales, les Européens ont continué de débattre de la manière de répondre à la crise au niveau de l'Union après la réunion samedi à Paris d'un G4 entre dirigeants allemand, britannique, français et italien qui n'est pas allé au-delà des déclarations d'intention.Les ministres des Finances des quinze pays de la zone euro se sont retrouvé lundi à Luxembourg pour leur réunion mensuelle. La réunion s'élargira aux 27 ministres de l'UE mardi.A Paris, le président français Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'UE, a assuré que "les gouvernements des 27 pays de l'UE" sont "unis, solidaires et déterminés" face à la crise et que "chacun d'entre (eux) prendra toutes mesures nécessaires pour assurer la stabilité du système financier".Mais les divergences restent fortes, notamment autour de l'idée d'un fonds commun européen pour aider les banques en dificultés."Je ne pense pas que nous arriverons à quoi que ce soit qui s'approche d'un consensus sur un fonds européen", a dit le ministre néerlandais des Finances, Wouter Bos, à son arivé à Luxembourg.L'idée, relancée par les Italiens et soutenue par la présidence française de l'Union européenne, a été torpillée par l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui privilégient des solutions nationales.Après Londres, qui a nationalisé deux banques, Berlin a dû monter au créneau dimanche pour organiser un deuxième plan de sauvetage de la banque immobilière Hypo Real Estate. Mais cela n'a pas suffi à rassurer les investisseurs et le cours de la banque a chuté de 37%.Elle aussi sauvée une première fois avec l'aide gouvernementale de Paris et Bruxelles, la banque franco-belge Dexia suscitait de nouveau l'inquiétude. Son action a perdu 20%.La crise provoque une recomposition du secteur bancaire avec la reprise annoncée des activités en Belgique et au Luxembourg du bancassureur Fortis par la banque française BNP Paribas. Conséquence inédite de cette opération: l'Etat belge sera le premier actionnaire du groupe français, avec près de 12% du capital.En France, les groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire ont affirmé envisager un rapprochement.Source de toutes les difficultés, le marché interbancaire continuait d'être totalement bloqué et les taux continuaient d'augmenter. L'Euribor à trois mois, l'un des taux de référence, atteignait de nouveau un niveau historique pour le septième jour consécutif à 5,345%.La Banque centrale européenne (BCE) a continué lundi ses opérations de soutien au marché en annonçant un nouvel appel d'offres de 50 milliards de dollars.La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé qu'elle allait augmenter la ligne de refinancement accordée aux banques à travers un système d'enchères, de 300 milliards de dollars au total en octobre et novembre.
Source: AFP
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