
La Bourse de Paris, qui a connu cette semaine sa première hausse hebdomadaire après six baisses consécutives, devra tenter la semaine prochaine de confirmer son rebond dans un océan de publications d'entreprises.Le CAC 40 a repris 4,85% au cours de la semaine écoulée et terminé à 4.299,36 points, alignant trois séances de hausse consécutives ce qui n'était pas arrivé depuis le 30 mai.L'indice vedette a toutefois connu une semaine difficile, frôlant le seuil des 4.000 points mercredi en séance avant de se reprendre."Le rebond s'est fait grâce à la baisse du pétrole, qui a donné du souffle aux entreprises. L'épée de Damoclès au-dessus du marché, c'est de se retrouver en situation de stagflation", qui mêle fort ralentissement de la croissance et inflation, observe Charles Detresme, stratégiste chez Axa Investment Managers.Une nouvelle fois, les incertitudes pesant sur le secteur financier ont fait trembler le marché, avant que les valeurs financières de la cote ne se reprennent en fin de semaine à l'aune de résultats de banques américaines globalement meilleurs que prévu.Alors que Wells Fargo et JPMorgan avaient rassuré, et que le marché avait bien accueilli l'annonce de l'augmentation de capital de Natixis, l'américaine Merrill Lynch est venue ternir le tableau jeudi soir, dépassant les pronostics les plus pessimistes avec une perte nette de 4,89 milliards de dollars au deuxième trimestre."On a eu de très bonnes surprises, mais ce ne sera pas le cas (avec) toutes les banques, comme l'a montré l'exemple de Merrill Lynch", prévient Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.Dans ce contexte, les analyses divergent sur la durée et l'ampleur d'un rebond de la place parisienne.Pour Charles Detresme, il est difficile d'imaginer le retour d'une tendance haussière comme celle connue entre le début de l'année 2003 et la crise des "subprime", mais le stratégiste d'Axa n'écarte pas l'idée d'un rebond technique.Benoît Peloille en revanche reste très prudent à court terme, même si les faibles valorisations de la cote parisienne, calculées par le ratio cours sur bénéfices (PER), empêchent d'écarter l'idée d'une tendance haussière à plus long terme.Les analystes du courtier Aurel ont calculé que le PER des grands indices était au plus bas depuis 13 ans."Au niveau européen, et ce doit être à peu près pareil à Paris, les titres des entreprises se paient à moins de 10 fois leurs bénéfices attendus pour 2008. Le problème, c'est qu'on a une incertitude sur la partie bénéfice", tempère Charles Detresme."Le consensus continue à baisser sur les prévisions", indique Benoît Peloille. "Le marché s'attend au pire avec les publications", qui seront "peut-être l'occasion d'un rebond très rapide" si elles sont meilleures qu'attendu, suggère-t-il, alors que le marché est descendu "très bas".La Bourse devra donc trouver son chemin au milieu d'une foule de publications d'entreprises la semaine prochaine. La saison des résultats continuera de battre son plein aux Etats-Unis, tandis que les chiffres d'affaires du premier semestre se multiplieront en France: STMicroelectronics et Hermès mardi, Saint Gobain, Areva et Vivendi jeudi.Renault et Peugeot publieront leurs résultats dans un contexte de pétrole cher, et les valeurs liées à la consommation seront encore très suivies après la déception suscitée par Carrefour, avec notamment Pernod Ricard mercredi.Enfin, les investisseurs attendent également l'entrée en Bourse mardi du nouveau groupe GDF Suez ainsi que de Suez Environnement.
Source: AFP
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