
Le plan de crise présenté lundi par Nicolas Sarkozy pour rassurer les banques va être débattu dès mardi à l'Assemblée, où la majorité UMP a mis la pression sur le PS et toute l'opposition, afin qu'il soit adopté dans "l'union nationale", à l'unanimité."Nous allons dès demain (mardi) nous saisir du texte, il sera voté dans la soirée, il ira ensuite le lendemain au Sénat", a confirmé le président UMP de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer dans la cour de l'Elysée.M. Accoyer a été reçu pendant une heure par le chef de l'Etat, avec son homologue du Sénat Gérard Larcher et les présidents des groupes politiques des deux chambres.Le Premier ministre François Fillon et Roger Karoutchi étaient également présents à l'Elysée, où le chef de l'Etat a détaillé à ses hôtes le plan qui venait d'être adopté lors d'un conseil des ministres exceptionnel.Comme lors du débat sur le Revenu de solidarité active (RSA) ou la réforme des institutions, la majorité UMP a quasiment mis en demeure l'opposition de voter pour ce plan, au nom de l'"union nationale"."Je l'ai dit devant le président de la République à l'ensemble de mes collègues de l'opposition, je trouve que cela aurait beaucoup de gueule que cette loi soit votée à l'unanimité", a déclaré le patron des députés UMP Jean-François Copé.Saluant un dispositif "remarquable", adopté par le chef de l'Etat, "dans un contexte de solidarité européenne fantastique", M. Copé a ajouté: "nous, les députés de toutes sensibilités, on s'honorerait à être dans une cette même logique d'unité nationale".Le président du groupe Nouveau centre (NC, partenaire de l'UMP) François Sauvadet a renchéri: "Je souhaite qu'on ne revive pas ce qu'on a connu aux Etats-Unis avec le plan Paulson. Vous vous souvenez, l'exécutif qui fait des propositions et le Parlement qui avait tergiversé".Face à ces sollicitations pressantes, les présidents des groupes PS à l'Assemblée et au Sénat, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, ont convenu qu'il était "difficile de voter contre" ce plan qui prévoit notamment une garantie de l'Etat aux prêts interbancaires."Nous avons quand même le droit de délibérer", a tempéré M. Ayrault, rappelant que "l'ensemble des parlementaires se décideront demain (mardi)"."Je ne vois pas pourquoi il y aurait une injonction de la part de qui que ce soit. Nous prendrons nos responsabilités parce que la situation est suffisamment grave pour qu'on ne se lance pas dans une polémique", a-t-il ajouté.En contrepartie d'un éventuel vote PS positif, M. Ayrault a déjà pris date pour le budget 2009 dont l'examen commence le 20 octobre: "ce budget est caduc et doit être revu"."Le gouvernement veut offrir des garanties aux banques mais quelles sont aujourd'hui les garanties pour les Français?", s'est interrogé pour sa part le président du groupe GDR (PCF et Verts) à l'Assemblée, Jean-Claude Sandrier, plaidant pour un "pôle bancaire public".
Source: AFP
|