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PEKIN - On attendait Alain Bernard et les relayeurs du 4x100m nage libre ou le porte-drapeau Tony Estanguet: c'est finalement Steeve Guénot, lutteur connu des seuls spécialistes il y a encore 10 jours, qui a apporté mercredi à la France sa première médaille d'or des Jeux olympiques de Pékin.
Si Bernard s'est offert un bref record du monde, Guénot, 22 ans, s'est offert en 66 kg un titre pour l'éternité à l'occasion de ses premiers Jeux, tandis que son frère ajoutait à l'euphorie qui avait gagné le clan français en prenant le bronze chez les 74kg.
Steeve Guénot est le premier lutteur français titré aux JO depuis Emile Poilvé en 1936 (lutte libre) et il est le premier à décrocher l'or en gréco-romaine depuis Henri Deglane en 1924.
"C'est la récompense de tout le travail que j'ai enduré. Je ne pouvais pas faire mieux", a-t-il dit après sa victoire finale contre le Kirghize Kanatbek Begaliev.
"Remporter la première médaille d'or française ? J'en suis fier. On ne peut pas être plus heureux que moi. Mes parents, ma famille, mon petit frère, des amis étaient là, c'est le plus beau cadeau que je pouvais leur faire."
Les Français, sept fois médaillés d'argent depuis le début des Jeux, commençaient à trouver le temps long: le président de la République lui-même s'est fendu d'un coup de fil.
LE RELAIS 4X200M FÉMININ BAT LE RECORD D'EUROPE
Les habituels pourvoyeurs de médailles ont failli tout au long de la journée.
En escrime, Brice Guyart, champion olympique du fleuret à Athènes en 2004, a été sorti en huitièmes de finale par Erwann Le Péchoux, lui même éliminé au tour suivant.
A l'épée, Laura Flessel, championne olympique à Atlanta en 1996, a échoué aux portes des demi-finales, un tour après Hajnalka Kiraly-Picot.
Les judokas n'ont pas été plus en verve. Gévrise Emane (-70kg) a été surprise au premier tour et n'a pas été repêchée alors que Matthieu Dafreville (-90kg) a fait honneur à son statut d'outsider mais a craqué en fin de cycle des repêchages.
Au Water Cube, Alain Bernard a cru quelques instants qu'il avait récupéré son record du monde du 100m en réalisant 47"20 en demi-finale.
Mais il ne s'agissait que d'un prêt de l'Australien Eamon Sullivan, qui dans la deuxième demie a récupéré son bien après un aller-retour de bassin effectué en 47"05. Le duel en finale, arbitré par le double champion olympique Pieter van den Hoogenband, s'annonce palpitant.
Le relais 4x200m nage libre féminin, avec Alena Popchanka, Céline Couderc, Camille Muffat et Coralie Balmy, s'est approché à 28 centièmes du record du monde à l'occasion des séries.
Leur temps de 7'50"37 est le nouveau record d'Europe et record olympique, de bon augure avant la finale, programmée jeudi.
"Le record du monde sera battu en finale," a prédit Balmy. "Les Américaines ne sont pas intouchables. Il ne faut pas en avoir peur."
Enfin, Jeannie Longo, qui n'a peur de rien et certainement pas du temps qui passe, a échoué pour moins de deux secondes au pied du podium dans le contre-la-montre.
La médaillée d'or d'Atlanta, âgée de 49 ans, a été battue d'une seconde et 65 centièmes par la Suissesse Karin Thürig, championne olympique sortante.
Julien Prétot, édité par Clément Dossin Source: Reuters
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