
Un groupe séparatiste musulman chinois menace, dans une nouvelle vidéo, les Jeux olympiques de Pékin en demandant aux musulmans d'éloigner leurs enfants des JO, a averti un centre américain de surveillance d'organisations extrémistes, SITE.Un orateur masqué, portant un turban noir, vêtu d'une veste de camouflage et brandissant ce qui semble être un fusil d'assault, appelle les musulmans à tenir leurs enfants éloignés des lieux où se déroulent les compétitions, selon la traduction partielle de la langue des Ouïgours fournie par SITE."Ne montez pas dans le même bus, le même train, le même avion, ne rentrez pas dans les mêmes immeubles, ou tout endroit où se trouvent les Chinois", déclare cet orateur.Sur cette vidéo, on voit notamment un logo des Jeux olympiques de Pékin en train de brûler ainsi qu'une explosion dans un lieu des JO.A la veille de l'ouverture des jeux Olympiques, le coup d'envoi du trajet de la torche sur le monument le plus connu de la Chine a été effectué en présence de centaines de volontaires habillés de jaune. Ils ont fait une haie d'honneur à la flamme, brandie dans un épais brouillard recouvrant le mur.De l'Inde à l'Europe occidentale en passant par la Chine même, les actes de protestation se multipliaient jeud pour dénoncer la répression des droits de l'Homme en Chine.A l'initiative notamment d'associations soutenant les Tibétains et les Ouïghours et du mouvement spirituel Falung Gong, pétitions, veillées, manifestations, initiatives diverses se déroulaient en Europe. Mais la mobilisation était encore modeste en attendant le jour J de l'ouverture vendredi, qui devrait voir la protestation s'intensifier, avec des rassemblements prévus dans plusieurs grandes capitales européennes.Paris, échaudé par les débordements ayant émaillé le 7 avril le passage de la flamme olympique, a d'ailleurs interdit toute manifestation jeudi et vendredi aux abords de l'ambassade de Chine, s'attirant les critiques d'ONG.Les jeux Olympiques les plus controversés et les plus politisés depuis des décennies s'ouvrent vendredi à Pékin pour l'immense fierté de la nation la plus peuplée de la planète.A 20H08 (12H08 GMT), le coup d'envoi de ces XXIXe Olympiades sera donné au "Nid d'oiseau", stade futuriste et symbole de cette Chine montante, qui inspire admiration et inquiétude dans le monde entier. Le choix de la date et de l'heure n'est pas anodin. Le 8 est un chiffre porte-bonheur. La superstition n'est jamais loin en Chine.En cette année 2008, le chiffre auspicieux n'a pourtant guère porté chance aux Chinois: en mai, la terre tremblait dans le sud-ouest, faisant quelque 90.000 victimes, dans le pire séisme que la Chine ait connu en 30 ans.Raison de plus pour les Chinois, au nationalisme à fleur de peau, de s'unir autour des Jeux et de les réussir de manière spectaculaire pour concrétiser le rêve commencé en 2001 lors de l'attribution des JO."Nous avons surmonté tant de difficultés cette année, nous sommes vraiment confiants que nous réussirons ces Jeux", déclarait jeudi à l'AFP Sun Weide, porte-parole du Comité d'organisation. "Nous espérons que ces jeux seront fantastiques, et même les meilleurs de tous les temps", martèle-t-il.Dans Pékin modernisée et fleurie, aux couleurs du slogan "Un monde, un rêve", la fièvre olympique semble canalisée par les autorités, la population n'est pas toujours associée à la fête mais à quelques heures des premiers Jeux de l'histoire de la Chine, la fierté l'emporte.Une chose est sûre, les records sont déjà là: 10.624 athlètes, 22.000 journalistes, quatre milliards de téléspectateurs prévus dont le quart en Chine.Sous la baguette du metteur en scène Zhang Yimou, la cérémonie d'ouverture au stade olympique s'annonce grandiose, et la tribune des personnalités rassemblera le gotha mondial de la politique.Des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, de ministres, sont attendus: les présidents des Etats-Unis et de l'Union européenne, George W. Bush et Nicolas Sarkozy, le premier ministre japonais Yasuo Fukuda, le chef du gouvernement russe, Vladimir Poutine, ou encore le président brésilien Lula.Tous seront reçus par le président Hu Jintao ou le Premier ministre Wen Jiabao lors d'un grand banquet vendredi midi, la plupart auront des audiences privées. Victoire politique et de prestige pour le régime chinois qui a tant répété qu'il ne fallait pas politiser les jeux.Mais en continuant de contrôler strictement l'opinion, d'emprisonner les dissidents avant les jeux Olympiques, le Parti communiste chinois au pouvoir n'a pas montré l'exemple, assènent les défenseurs des libertés.
Source: AFP
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