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KASHGAR, Chine - La sécurité a été renforcée mardi à Kashgar, dans la province chinoise du Xinjiang, où une attaque de séparatistes islamistes présumés a tué 16 policiers la veille, à quelques jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin.
Des soldats munis de bâtons quadrillaient les rues et la police arrêtait et fouillait les véhicules arrivant dans cette ville du nord-ouest du pays, située près des frontières avec le Pakistan et l'Afghanistan notamment. Les bâtiments administratifs, les hôpitaux et les écoles ont été placés sous surveillance renforcée, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle.
Seize agents de police ont perdu la vie et 16 autres ont été blessés dans l'attaque de lundi, menée par deux hommes au volant d'un camion-benne qui ont percuté leurs victimes alors qu'elles faisaient un footing matinal, et leur ont ensuite lancé des explosifs avant de les attaquer au couteau. Les deux suspects ont été arrêtés sur les lieux. Il sont d'ethnie ouïghour, la plus importante du Xinjiang, qui abrite une importante population musulmane.
Le secrétaire local du Parti communiste chinois (PCC), Shi Dagang, a affirmé qu'il s'agissait d'un attentat terroriste prémédité et que les deux assaillants avaient préparé des lettres avant de passer à l'acte, dans lesquelles ils déclarent qu'ils "devaient faire la 'guerre sainte'".
Les responsables des JO de Pékin ont immédiatement assuré que les dispositifs nécessaires étaient en place pour assurer la sécurité à Pékin et autour des autres installations sportives lorsque les Jeux débuteront vendredi. Les autorités ont mobilisé des centaines de milliers de policiers, de soldats et de volontaires pour préserver l'ordre pendant les Jeux.
Le porte-parole du Bureau de la sécurité publique du Xinjiang, Li Li, a déclaré que 18 personnes avaient été arrêtées dans la région cette année, accusées d'avoir préparé des actes terroristes. Le mois dernier, les autorités du Xinjiang avaient déjà fait savoir que 82 personnes avaient été interpellées au cours des six premiers mois de l'année, soupçonnées d'avoir fomenté des attentats contre les JO. En Chine, les suspects ne sont pas considérés comme en état d'arrestation avant d'avoir été inculpés, et les 18 arrestations pouvaient dont avoir été faites au sein du groupe de 82 suspects.
Les autorités chinoises ont à plusieurs reprises ces derniers mois imputé des projets d'attentats ou des explosions au Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM), un groupe séparatiste basé en Afghanistan et au Pakistan qui se bat depuis plusieurs décennies pour l'unification des populations turcophones d'Asie centrale, dont celle du Xinjiang, les Ouïghours, qui est animée d'un vif ressentiment envers le pouvoir répressif et centralisateur de Pékin et le nombre croissant de Hans (la principale ethnie chinoise) dans la région.
Dans une vidéo diffusée le mois dernier, des membres présumés de ce groupe affirmaient vouloir s'en prendre à des cibles olympiques. L'ETIM est accusé par Pékin comme par Washington d'avoir des liens avec Al-Qaïda.
Par ailleurs, signe de la tension dans la région, les autorités chinoises ont arrêté deux journalistes japonais qui s'étaient précipités sur Kashgar pour couvrir l'attentat de lundi. Selon le porte-parole du gouvernement nippon Nobutaka Machimura, les deux journalistes ont subi des violences.
Les autorités locales de Kashgar ont présenté leurs excuses au journaliste et au photographe japonais, selon un responsable de la municipalité identifié uniquement par le nom Eskar. Cité par Chine nouvelle, il a précisé qu'ils avaient pénétré dans une zone interdite, mais que les autorités rembourseraient leur matériel endommagé et leurs frais médicaux. AP Source: PCC
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