
Rabat, Washington, Malte et Chypre avant Lima vendredi: François Fillon enchaîne les visites à l'étranger, laissant sans grand enthousiasme la première place sur la scène politique intérieure à Nicolas Sarkozy qui multiplie les déplacements "pédagogiques" sur les réformes.Au Pérou, le Premier ministre remplacera le chef de l'Etat au cinquième sommet Union Européenne-Amérique latine. Un voyage express de 12 heures imposé par l'Elysée il y a tout juste trois semaines quand Nicolas Sarkozy a annulé sa venue, officiellement en raison d'un "calendrier trop chargé" dans la perspective de la présidence française de l'UE.Mais le chef de l'Etat consacrera en fait sa matinée de vendredi à une visite en région parisienne, la troisième sur le terrain en deux semaines, pour expliquer la fusion de l'ANPE et de l'Unedic, avant un entretien avec le premier ministre norvégien.A Matignon, on voit là la simple mise en oeuvre de "l'interchangeabilité" des deux têtes de l'exécutif en fonction de "moments" et de "passages", conceptualisée par M. Sarkozy en début de mandat et qui n'empêche en rien M. Fillon d'assurer ses fonctions de chefs du gouvernement et de la majorité.Reste que cette inversion des rôles intervient au moment où le président est confronté à une contestation, dans son camp et dans l'opinion."L'inversion des cotes de popularité a tendance à renverser les rôles", explique le politologue Denis Barbet. "Le problème majeur de Nicolas Sarkozy n'est pas aujourd'hui de soigner son image internationale. C'est plutôt la gestion interne de la grogne des Français avec un souci permanent d'être populaire", poursuit le professeur à l'IEP Lyon.Pour tenter de regagner quelques points dans les sondages où il est toujours distancé par son premier ministre, même si l'écart se resserre, Nicolas Sarkozy a laissé de côté ses habits de VRP international pour se recentrer sur les dossiers économiques et notamment celui du pouvoir d'achat, préoccupation majeure des Français.Rien d'anormal à ce que Nicolas Sarkozy "soit le premier à expliquer, à faire de la pédagogie sur le terrain" sur des "engagements qu'il avait pris il y a un an", fait valoir le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.En un mois, M. Fillon ne s'est rendu qu'une seule fois en province, à Dijon le 28 avril, pour promouvoir ses réformes. En revanche, c'est lui qui est intervenu depuis Chypre pour mettre en garde contre un risque de guerre civile au Liban.Rien ne prédisposait pourtant celui qui n'a de cesse de dire son obsession à avancer dans les réformes à accumuler les "miles".D'ici le 1er juillet, il devra terminer sa part, conséquente, de la tournée des capitales européennes en allant notamment en Finlande et dans certains pays baltes. Un déplacement à Alger est également à l'ordre du jour en juin.Mais une source à Matignon faisait récemment remarquer que l'agenda de M. Fillon, tout comme celui du Président de la République, n'était pas extensible pour permettre de faire "de la figuration" à l'étranger.Simple hasard de calendrier ou volonté affichée de reprendre la main sur l'activité gouvernementale: François Fillon recevra dimanche en séminaire l'ensemble de son équipe pour fixer le programme de travail du second semestre qu'il conclura par une intervention devant la presse, quelques heures seulement après son retour du Pérou.
Source: AFP
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