
Les principaux chefs paramilitaires colombiens ont été extradés mardi vers les Etats-Unis, où ils seront jugés pour trafic de drogue en Floride (sud), à New York (nord-est), au Texas (sud) et à Washington.L'extradition, ordonnée par le président colombien Alvaro Uribe, risque de mettre en péril le processus de démobilisation des groupes armés d'extrême droite.Les extradés - 14 des plus importants chefs paramilitaires colombiens - "feront leur première apparition (devant la justice) dans les districts où ils seront arrivés lors de leur entrée aux Etats-Unis", a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué.Certains d'entre eux sont arrivés dans l'après-midi à Miami, selon des médias locaux.Les accusés devraient être inculpés pour "complot pour importer de la cocaïne, complot pour produire et distribuer de la cocaïne, possession, production et distribution de cocaïne, fourniture d'aide à une organisation considérée comme terroriste et blanchiment d'argent", indique le communiqué.Les Etats-Unis se sont engagés à ne pas réclamer une condamnation à perpétuité, a affirmé le ministère de la Justice.Les chefs paramilitaires avaient été extraits de trois prisons colombiennes vers 02h00 locales (O7hOO GMT) et conduits sur la base militaire de Catam à Bogota où des agents de la DEA (services anti-drogue américains) les attendaient sur le tarmac, a affirmé la radio privée colombienne RCN. Les plus grands dirigeants de ces milices d'extrême droite, Salvatore Mancuso, Rodrigo Tuvar Pupo (alias "George 40"), Diego Fernando Murillo (alias "Don Berna"), Hernan Giraldo (alias "Pablo Sevillano") et Ramiro Vanoy (alias "Cuco Vanoy"), font partie des 14 personnes qui ont été extradées, a rapporté le quotidien El Tiempo.Les avocats des dirigeants paramilitaires ont affirmé n'avoir pas été informés. "Nous sommes atterrés et pensons que le processus de paix avec les paramilitaires n'existe plus en Colombie car le gouvernement n'a pas respecté sa parole", a déclaré German Naverrete, l'avocat de "Cuco Vanoy"."La décision a été prise parce que certains (paramilitaires) continuaient à se livrer à la délinquance, que d'autres ne coopéraient pas convenablement avec la justice et que tous ne respectaient pas le cadre de l'indemnisation des victimes en occultant des biens ou en retardant leur remise", a expliqué M. Uribe.Bogota a obtenu l'accord des Etats-Unis "pour que la Colombie puisse envoyer des représentants aux procès des paramilitaires afin de continuer à rechercher la vérité", a ajouté le chef de l'Etat.L'opposition colombienne accuse M. Uribe d'extrader ces responsables paramilitaires pour entraver les enquêtes en cours de la justice sur leurs liens avec les partis politiques, notamment les députés de la majorité présidentielle.Les exactions des miliciens colombiens ont fait plus de 15.000 morts ces dernières années. Les responsables de ces milices d'extrême droite, qui comptaient près de 31.000 combattants, avaient tenté en avril 2006 en se démobilisant de bénéficier de la loi "Justice et paix", qui stipulait que les paramilitaires déposant volontairement les armes ne pouvaient encourir une peine supérieure à huit ans de prison quelle que soit la nature de leurs crimes.Ces groupes avaient été formés il y a trente ans par les grands propriétaires terriens pour se défendre des mouvements de guérilla. Etroitement liés à certains responsables politiques proches pour certains du président Uribe, ils ont commis des massacres de civils, ainsi que des meurtres ciblés d'élus de gauche, de syndicalistes et de journalistes. Pour financer leurs actions, ils ont eu recours régulièrement au trafic de cocaïne.
Source: AFP
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