
Le chef contesté de la droite espagnole Mariano Rajoy, seul candidat à sa succession au congrès du Parti populaire (PP) qui s'ouvre vendredi à Valence (est), tente de ressouder son camp divisé, entouré d'une équipe féminisée et modérée.Le leader de l'opposition va s'efforcer de cicatriser en trois jours la crise interne provoquée par la seconde défaite de la droite face aux socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero, lors des législatives du 9 mars.Plus de 3.000 délégués du PP sont attendus au XVIe congrès, qui devait débuter à 16H00 (14H00 GMT) dans l'enceinte futuriste de la Feria de la ville de Valence, l'un des bastions électoraux du parti.Après les discours inauguraux, les délégués devaient discuter en commission jusque tard dans la nuit les trois documents d'orientation générale (statuts, politique, économique) du parti, visés par plus de 2.000 amendements.Ils rééliront samedi à leur tête Mariano Rajoy, dont le leadership et la volonté de recentrage ont été vivement remis en cause ces trois derniers mois par l'aile dure et certains responsables quadragénaires écartés.Au surlendemain de la défaite de mars, ce Galicien barbu à lunettes de 53 ans avait surpris son propre camp en annonçant qu'il se représenterait à la tête du PP "avec (sa) propre équipe" et qu'il comptait bien le conduire à nouveau à la conquête du pouvoir aux législatives de 2012.Il a depuis montré la porte au secrétaire général sortant Angel Acebes et au porte-parole parlementaire Eduardo Zaplana, tenants de la ligne dure et fidèles lieutenants de l'ancien chef du gouvernement José Maria Aznar.Chahuté au sein d'un parti regroupant démocrates-chrétiens, libéraux et ultra-catholiques, accusé de vouloir transiger avec les nationalistes, le peu charismatique Rajoy a tenu bon.Il a tiré parti de son contrôle sur l'appareil du PP et du soutien des barons régionaux pour tuer dans l'oeuf toute candidature dissidente.S'efforçant de gommer l'image intransigeante du PP, il a annoncé jeudi la composition de sa garde rapprochée, formée de cadres modérés.Par souci de rassemblement, il a nommé secrétaire générale du PP Maria Dolores de Cospedal, 42 ans, une fidèle alliée mais aussi une proche de la présidente de la région de Madrid Esperanza Aguirre, qui a fédéré la fronde des mécontents.Après avoir longtemps fait miroiter une candidature dissidente, Mme Aguirre a finalement annoncé jeudi qu'elle voterait pour Rajoy, se disant satisfaite de son équipe.Le choix comme numéro deux du PP de Mme de Cospedal, célibataire, mère d'un enfant conçu par fécondation in vitro, favorable au divorce rapide instauré par Zapatero, illustre la volonté de Rajoy de moderniser l'image d'un parti encore très influencé par l'église catholique.Il a fait accéder deux autres femmes à des postes-clés: Soraya Saenz de Santamaria, nommée au printemps porte-parole parlementaire et Ana Mato, dont il a annoncé jeudi la nomination comme vice-secrétaire de l'organisation du parti."Un bon casting pour un mauvais scénario", commente le quotidien libéral El Mundo, qui milite pour le départ de M. Rajoy et une démocratisation du PP, avec l'organisation de primaires à l'Américaine pour élire son chef.M. Rajoy obtiendra un sursis à Valence, sans certitude d'être à nouveau le chef de file du PP pour la conquête du pouvoir de 2012.Ce choix se fera lors du prochain congrès du parti en 2011, après des élections régionales (Pays Basque, Galice) et européennes.En cas d'échec à ces scrutins, il verrait ressurgir les ardeurs des rivaux, notamment celle du très populaire maire centriste de Madrid Alberto Ruiz-Gallardon, qui s'est pour le moment rangé sous sa bannière.
Source: AFP
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