
La créatrice d'un groupe sur le site de socialisation Facebook ayant appelé à protester contre la vie chère en Egypte le 6 avril dernier, a été libérée, a-t-on appris mercredi auprès d'un responsable au sein des services de sécurité.Le ministre de l'Intérieur, Habib al-Adli, a ordonné la libération de Esraa Abdel Fattah après que sa mère en a fait la demande directement au président Hosni Moubarak, selon la même source."Elle est libre, ils l'ont libérée de la prison des femmes à Qantar", a déclaré à l'AFP son avocat Emir Salem. Il a dit ne l'avoir pas encore vu mais qu'il allait "fêter sa libération".Agée de 27 ans, Esraa Abdel Fattah a été arrêtée ainsi que d'autres blogueurs, Mohammed Charkaoui ou Malek Moustapha, après l'appel à la protestation lancé sur Facebook.La police l'avait interpellée dans un café du Caire une semaine avant la journée de protestation.En quelques semaines, 64.000 personnes s'étaient inscrits dans son groupe sur Facebook.Le mouvement de protestation a été suivi d'une manière sporadique à travers le pays. La journée avait été particulièrement violente à Mahalla (Delta du Nil).Trois personnes avaient été tuées lors de heurts ayant opposé manifestants à forces de l'ordre dans cette cité industrielle, la plus importante de l'industrie textile du pays.Mardi, la mère de Esraa Abdel Fattah a lancé dans la presse égyptienne un appel au président Moubarak pour la libération de sa fille: "Du coeur de la mère d'Esraa au coeur de Moubarak, à celui de (son épouse) Suzanne et de Habib al-Adli".Depuis l'appel du groupe "6 avril", la blogosphère égyptienne bruisse d'un nouveau jour de contestation, le 4 mai, pour le 80e anniversaire du président Moubarak.Le nouveau groupe appelle à "une journée de désobéissance civile et au port du noir en signe de deuil pour les victimes de Mahalla et la mort des médias égyptien et arabes", des cyberactivistes affirmant que "Si Dieu a créé le monde en six jours, on ne changera pas l'Egypte en un seul".Mardi, le Premier ministre, Ahmed Nazif, a été interrompu par un étudiant à l'Université du Caire alors qu'il prononçait un discours sur "l'internet et comment la jeunesse doit en faire usage pour exprimer ses opinions", a rapporté mercredi le quotidien local Daily News."Nous voulons que vous libériez les personnes détenues le 6 avril", a affirmé l'étudiant, Belal Diab, interrompant le Premier ministre et attirant son attention sur le fait que ces jeunes qui expriment leurs opinions "se trouvent tous à présent en prison".Répondant aux propos de l'étudiant, Ahmed Nazif a expliqué que "ces personnes avaient été détenues pour avoir commis des actes de destruction et, entre exprimer une opinion et encourager la destruction, la grève et les émeutes, il n'y a qu'un pas".
Source: AFP
|